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Résolution d'un triangle


Résolution d'un triangle : encyclopédie mathématiques

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En géométrie, la résolution d'un triangle consiste en la détermination des différents éléments d'un triangle (longueurs des côtés, mesure des angles, aire) à partir de certains autres. Historiquement, la résolution des triangles fut motivée

  • en cartographie, pour la mesure des distances par triangulation ;
  • en gĂ©omĂ©trie euclidienne chez les grecs, pour la rĂ©solution de nombreux problèmes de gĂ©omĂ©trie.
  • en navigation, pour le point, qui utilise des calculs de coordonnĂ©es terrestres et astronomiques (trigonomĂ©trie sphĂ©rique).

Aujourd'hui, la résolution des triangles continue d'être utilisée dans un grand nombre de problèmes faisant intervenir la triangulation (architecture, relevés cadastraux, vision binoculaire) et, plus généralement, la trigonométrie (astronomie, cartographie).

En géométrie euclidienne, la donnée de trois des éléments du triangles, dont au moins un côté, est nécessaire et suffisante à la résolution du triangle, l'un des cas de résolution pouvant admettre deux solutions. En géométrie sphérique ou hyperbolique, la donnée des trois angles est également suffisante. La résolution fait intervenir la trigonométrie, en particulier certaines relations classiques dans le triangle comme le théorème d'Al-Kashi, la loi des sinus, la loi des tangentes, et la somme des angles.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Cas de résolution en géométrie euclidienne

La résolution d'un triangle en géométrie euclidienne utilise un certain nombre de relations entre éléments du triangle. Les plus souvent utilisées sont

bien qu'il soit également possible d'utiliser d'autres relations pour aboutir à une solution.

Ci-dessous sont listĂ©s les diffĂ©rents cas de figure en fonction des trois Ă©lĂ©ments connus parmi les trois angles et les trois cĂ´tĂ©s. Les formules analytiques sont donnĂ©es pour les cĂ´tĂ©s et/ou les angles inconnus, ainsi que l'aire S. Elles doivent ĂŞtre adaptĂ©es pour une dĂ©termination numĂ©rique car, prises telles quelles, elles donnent des erreurs importantes pour les triangles « en Ă©pingle Â», c'est-Ă -dire dont un des cĂ´tĂ©s est petit par rapport aux autres et les triangles « presque rectangles Â», c'est-Ă -dire dont un des angles fait environ 90°.

[modifier] Les trois côtés

On considère un triangle dont les trois cĂ´tĂ©s a, b et c sont connus. Les angles sont dĂ©duits Ă  partir du thĂ©orème d'Al-Kashi et l'aire, de la formule de HĂ©ron :

  • \alpha = \arccos\left( \frac{b^2+c^2-a^2}{2bc} \right)
  • \beta  = \arccos\left( \frac{c^2+a^2-b^2}{2ca} \right)
  • \gamma = \arccos\left( \frac{a^2+b^2-c^2}{2ab} \right)
  • S      =  \sqrt{p(p-a)(p-b)(p-c)}, avec p=\frac12(a+b+c)

[modifier] Un angle et les deux côtés adjacents

On considère un triangle dont l'angle Îł est connu, ainsi que les deux cĂ´tĂ©s adjacents a et b. Le dernier cĂ´tĂ© s'obtient grâce au thĂ©orème d'Al-Kashi, les deux angles manquants par la loi des tangentes et le complĂ©ment Ă  Ď€, et l'aire par la formule du produit vectoriel :

  • c      = \sqrt{a^2+b^2-2ab\cos\gamma}
  • \alpha = \frac\pi2 - \frac\gamma2 + \arctan\left(\frac{a-b}{a+b}\cot\frac\gamma2\right)
  • \beta  = \frac\pi2 - \frac\gamma2 - \arctan\left(\frac{a-b}{a+b}\cot\frac\gamma2\right)
  • S      = \frac12 ab\sin\gamma

[modifier] Un angle, le côté opposé et un côté adjacent

On considère un triangle dont un angle β est connu, ainsi qu'un cĂ´tĂ© adjacent de cet angle c et le cĂ´tĂ© opposĂ© b. Le deuxième angle Îł s'obtient par la loi des sinus, le dernier angle α par complĂ©ment Ă  Ď€ et le dernier cĂ´tĂ© par la loi des sinus :

  • \gamma = \arcsin \left(\frac{c\sin\beta}b\right)
  • \alpha = \pi-\beta-\arcsin\left(\frac{c\sin\beta}b\right)
  • a      = \sqrt{b^2-c^2\sin^2\beta}+c\cos\beta
  • S = \frac 12c\left(\sqrt{b^2-c^2\sin^2\beta}+c\cos\beta\right)\sin\beta

Si β est aigu et que b < c, il existe une seconde solution :

  • \gamma = \pi-\arcsin\left(\frac{c\sin\beta}b\right)
  • \alpha = -\beta + \arcsin\left(\frac{c\sin\beta}b\right)
  • a      = c\cos\beta-\sqrt{b^2-c^2\sin^2\beta}
  • S = \frac 12 c\left(\sqrt{b^2-c^2\sin^2\beta}-c\cos\beta\right)\sin\beta

La rĂ©solution n'est pas possible pour toutes les valeurs des paramètres et que la condition suivante doit ĂŞtre rĂ©alisĂ©e :

b > c \sin\beta\,.

[modifier] Deux angles et le côté commun

On considère un triangle dont un cĂ´tĂ© c et les deux angles α et β qui le bordent sont connus. Le dernier angle s'obtient par complĂ©ment Ă  Ď€ et les deux autres cĂ´tĂ©s par la loi des sinus :

  • a  = \frac {c\sin\alpha}{\sin(\alpha+\beta)}
  • b  = \frac {c\sin\beta}{ \sin(\alpha+\beta)}
  • \gamma = \pi-\alpha-\beta\,
  • S  = \frac12 c^2 \, \frac{\sin\alpha\sin\beta}{\sin(\alpha+\beta)}

[modifier] Deux angles et un côté non commun

On considère un triangle dont deux angles α et β sont connus, ainsi qu'un cĂ´tĂ© non commun Ă  ces deux angles a. Le dernier angle s'obtient par complĂ©ment Ă  Ď€ et les deux autres cĂ´tĂ©s par la loi des sinus :

  • b = \frac{a\sin\beta}{\sin\alpha}
  • c = \frac{a\sin(\alpha+\beta)}{\sin\alpha}
  • \gamma = \pi-\alpha-\beta\,
  • S = \frac12 a^2 \, \frac{\sin(\alpha+\beta)\sin\beta}{\sin\alpha}

[modifier] Cas de résolution en géométrie sphérique

La résolution d'un triangle en géométrie sphérique (géométrie non-euclidienne) est légèrement différente du cas euclidien, car la loi des sinus ne permet pas d'obtenir un côté de manière univoque — uniquement son sinus. De plus, un triangle sphérique dont les trois angles sont connus est soluble, contrairement à un triangle du plan euclidien et la solution est unique.

Les formules utilisĂ©es pour rĂ©soudre un triangle sphĂ©rique sont :

  • les gĂ©nĂ©ralisations du thĂ©orème d'Al-Kashi (variantes portant sur les angles et sur les cĂ´tĂ©s) ;
  • le thĂ©orème de l'Huilier ;
  • les analogies de Napier ;
  • la somme des angles d'un triangle vaut Ď€ plus l'excès E (=S/R²).

[modifier] Les trois côtés

Dans un triangle dont les trois cĂ´tĂ©s a, b et c sont connus, les angles s'obtiennent par la gĂ©nĂ©ralisation du thĂ©orème d'Al-Kashi et l'aire par le thĂ©orème de l'Huilier :

  • \alpha = \arccos\left(\frac{\cos a-\cos b\cos c}{\sin b\sin c}\right),
  • \beta  = \arccos\left(\frac{\cos b-\cos c\cos a}{\sin c\sin a}\right),
  • \gamma = \arccos\left(\frac{\cos c-\cos a\cos b}{\sin a\sin b}\right),
  • E      = 4\arctan\sqrt{\tan\left(\frac{p}2\right) \tan\left(\frac{p-a}2\right) \tan\left(\frac{p-b}2\right) \tan\left(\frac{p-c}2\right)} oĂą p = \frac12(a+b+c).


[modifier] Un angle et les deux côtés adjacents

Dans un triangle oĂą deux cĂ´tĂ©s a et b et l'angle qu'ils forment Îł sont connus, le dernier cĂ´tĂ© s'obtient par le thĂ©orème d'Al-Kashi gĂ©nĂ©ralisĂ© et les deux angles restants par les analogies de Napier :

  • c = \arccos \left(\cos a\cos b + \sin a\sin b\cos\gamma \right),
  • \alpha = \arctan\left\{\frac{2\sin a}{\tan(\gamma/2) \sin (b+a) + \cot(\gamma/2)\sin(b-a)}\right\},
  • \beta  = \arctan\left\{\frac{2\sin b}{\tan(\gamma/2) \sin (a+b) + \cot(\gamma/2)\sin(a-b) }\right\},
  • E = \gamma + 2\arctan\left\{\cot\left(\frac\gamma2\right)\frac{\cos\left(\frac12(a-b)\right)}{\cos\left(\frac12(a+b)\right)}\right\} - \pi.


[modifier] Un angle, le côté opposé et un côté adjacent

On considère un triangle dont un angle β, un côté adjacent c et le côté opposé b sont connus. L'angle γ s'obtient par la loi des sinus et les éléments restants par les analogies de Napier. Il n'y a de solution que si

b > \arcsin (\sin c\,\sin\beta)\,.

Alors

  • \gamma = \arcsin \left(\frac{\sin c\,\sin\beta}{\sin b}\right),
  • a      = 2\arctan \left\{ \tan\left(\frac12(b-c)\right) \frac{\sin \left(\frac12(\beta+\gamma)\right)}{\sin\left(\frac12(\beta-\gamma)\right)} \right\},
  • \alpha = 2\arccot \left\{\tan\left(\frac12(\beta-\gamma)\right) \frac{\sin \left(\frac12(b+c)\right)}{\sin \left(\frac12(b-c)\right)} \right\}.
  • E      = \alpha+\beta+\gamma-\pi\,

Une autre solution existe lorsque b > c et que Îł est aigu :

  • \gamma = \pi - \arcsin \left(\frac{\sin c\,\sin\beta}{\sin b}\right), etc.


[modifier] Deux angles et le côté commun

Dans un triangle oĂą deux angles α et β sont connus, ainsi que le cĂ´tĂ© commun Ă  ces angles c, le dernier angle s'obtient par la formule d'al-Kashi et les deux derniers cĂ´tĂ©s par les analogies de Napier. Les formules pour l'angle manquant et les cĂ´tĂ©s ressemblent Ă  celles du cas de rĂ©solution complĂ©mentaire (un angle et les deux cĂ´tĂ©s adjacents connus) :

  • \gamma = \arccos(\sin\alpha\sin\beta\cos c -\cos\alpha\cos\beta)\,,
  • a = \arctan\left\{\frac{2\sin\alpha}{\cot(c/2) \sin(\beta+\alpha) + \tan(c/2) \sin(\beta-\alpha)}\right\},
  • b = \arctan\left\{\frac{2\sin\beta} {\cot(c/2) \sin(\alpha+\beta) + \tan(c/2)\sin(\alpha-\beta)}\right\},
  •  E = \alpha + \beta + \arccos(\sin\alpha\sin\beta\cos c-\cos\alpha\cos\beta) - \pi\,.


[modifier] Deux angles et un côté non commun

On considère un triangle dans lequel deux angles α et β sont connus, ainsi qu'un cĂ´tĂ© opposĂ© Ă  l'un de ces angles a. Le cĂ´tĂ© b se trouve par la loi des sinus et les Ă©lĂ©ments restants par les analogies de Napier. On notera la similitude entre les Ă©quations ci-dessous et le cas de rĂ©solution complĂ©mentaire (Un angle, le cĂ´tĂ© opposĂ© et un cĂ´tĂ© adjacent) :

  • b = \arcsin \left( \frac{\sin a\,\sin \beta}{\sin \alpha} \right),
  • c =  2\arctan \left\{ \tan\left(\frac12(a-b)\right) \frac{\sin\left(\frac12(\alpha+\beta)\right)}{\sin\left(\frac12(\alpha-\beta)\right)}\right\},
  • \gamma = 2\arccot \left\{\tan\left(\frac12(\alpha-\beta)\right) \frac{\sin \left(\frac12(a+b)\right)}{\sin \left(\frac12(a-b)\right)} \right\},
  • E = \alpha+\beta+\gamma-\pi\,.

Si a est aigu et que α > β, il existe une autre solution :

  • b = \pi - \arcsin \left( \frac{\sin a\,\sin \beta}{\sin \alpha} \right), etc.


[modifier] Les trois angles

Dans le cas oĂą les trois angles sont connus, les cĂ´tĂ©s s'obtiennent par une variante du thĂ©orème d'Al-Kashi pour les angles. Les formules donnant les cĂ´tĂ©s sont semblables Ă  celles du cas de rĂ©solution complĂ©mentaire (les trois cĂ´tĂ©s connus) :

  • a=\arccos\left(\frac{\cos\alpha+\cos\beta\cos\gamma}{\sin\beta\sin\gamma}\right),
  • b=\arccos\left(\frac{\cos\beta+\cos\gamma\cos\alpha}{\sin\gamma\sin\alpha}\right),
  • c=\arccos\left(\frac{\cos\gamma+\cos\alpha\cos\beta}{\sin\alpha\sin\beta}\right).
  • E=\alpha+\beta+\gamma-\pi\,


[modifier] Exemples d'application

[modifier] Triangulation

Voir l'article détaillé Triangulation.

Fig. 1 — Détermination de la distance d'un navire par triangulation
Fig. 1 — Détermination de la distance d'un navire par triangulation

La figure 1 ci-contre indique une mĂ©thode de dĂ©termination de la distance d'un bateau par triangulation : de deux points dont on connaĂ®t la distance l, on mesure sa direction, que ce soit l'azimut Ă  l'aide d'une boussole, ou les angles α et β avec la ligne joignant les deux points. Les mesures effectuĂ©es, il est possible d'en dĂ©duire la distance graphiquement en reportant les Ă©lĂ©ments connus sur un graphique avec une Ă©chelle idoine. Une formule analytique peut ĂŞtre par ailleurs trouvĂ©e en rĂ©solvant le triangle dont on connaĂ®t deux angles et le cĂ´tĂ© commun :

 d = \frac{\sin\alpha\,\sin\beta}{\sin(\alpha+\beta)}\,l.

Une variante est utilisĂ©e en navigation cĂ´tière : les angles sont estimĂ©s grâce aux azimuts des amers (points de rĂ©fĂ©rence sur terre) vus depuis le navire.

Fig. 2 — Détermination de la hauteur d'une montagne par triangulation
Fig. 2 — Détermination de la hauteur d'une montagne par triangulation

Une autre possibilitĂ© est la mesure de la hauteur h d'une colline ou d'une montagne depuis une vallĂ©e en mesurant sa hauteur angulaire α et β en deux points de distance connue l. La figure 2 ci-contre donne un cas simplifiĂ© dans lequel les points de mesure et la projection du sommet sur le sol sont alignĂ©s. La hauteur de la montagne peut ĂŞtre dĂ©terminĂ©e graphiquement ou bien analytiquement par rĂ©solution du triangle (mĂŞme cas que prĂ©cĂ©demment) :

 h = \frac{\sin\alpha\,\sin\beta}{\sin(\beta-\alpha)} \,l.

Dans la pratique la mĂ©thode de rĂ©solution se heurte Ă  quelques difficultĂ©s : le terrain n'est pas forcĂ©ment plat, ce qui nĂ©cessite un estimation de la pente entre les deux points ; le sommet rĂ©el n'est pas forcĂ©ment observable depuis la plaine et le point le plus haut tel qu'observĂ© varie de position entre les deux points d'observation par effet de tangence ; les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments du relief doivent ĂŞtre triangulĂ©s de proche en proche Ă  partir des cĂ´tes ce qui accumule les erreurs de mesure. Ainsi, la cartographie par satellite a modifiĂ© de plusieurs mètres les valeurs traditionnelles estimĂ©es de certains sommets.[rĂ©f. nĂ©cessaire] MalgrĂ© ces difficultĂ©s, au XIXe siècle, Friedrich Georg Wilhelm von Struve a fait construire l'arc gĂ©odĂ©sique de Struve, une chaĂ®ne de repères gĂ©odĂ©siques traversant l'Europe sur 2800 km de la Norvège Ă  la Mer Noire et dont le but Ă©tait de mesurer la taille et la forme de la terre : en 1853, le scientifique obtient une mesure du mĂ©ridien terrestre Ă  188 m près (2Ă—10-5) et de l'aplatissement de la terre Ă  1% près.[1]

[modifier] Distance entre deux points du globe

On considère deux points du globe A et B de latitudes respectives λA et λB, et de longitudes LA et LB. Pour dĂ©terminer leur distance on considère le triangle ABC, oĂą C est le pĂ´le nord. Dans ce triangle sont connus :

  • a = 90^\mathrm{o} - \lambda_\mathrm{B}\,
  • b = 90^\mathrm{o} - \lambda_\mathrm{A}\,
  • \gamma = L_\mathrm{A}-L_\mathrm{B}\,

La résolution du triangle dans le cas où un angle et les deux côtés adjacents sont connus permet de conclure que

\mathrm{AB} = R \arccos\left\{\sin \lambda_\mathrm{A} \,\sin \lambda_\mathrm{B} + \cos \lambda_\mathrm{A} \,\cos \lambda_\mathrm{B} \,\cos \left(L_\mathrm{A}-L_\mathrm{B}\right)\right\},

où R est le rayon de la terre. Les coordonnées doivent être converties en radians pour une application numérique, à moins que la calculatrice accepte les degrés dans les fonctions trigonométriques.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Notes et références

  1. ↑ (en) J.R. Smith, The Struve Geodesic Arc

[modifier] Liens externes

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