Rapport anharmonique : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Le rapport anharmonique ou birapport est un outil puissant dans la géométrie, en particulier la géométrie projective. Le nom de rapport anharmonique a été créé par Michel Chasles mais la notion remonte à Pappus d'Alexandrie.
Si A, B, C et D sont quatre points distincts d'une droite (d) on appelle birapport ou rapport anharmonique de (A,B) et (C,D) le rapport des mesures algébriques suivant : r=
Il est essentiel de remarquer que le lecteur ne connait pas nécessairement l'ordre des points sur la droite et que, selon les permutations, le birapport ne prend pas 4! = 24 valeurs mais seulement six[1] :

Les divisions sont supposées régulières. Le birapport de C, D par rapport à A, B est

Les divisions sont supposées régulières. Le birapport de C, D par rapport à A, B est
Ce rapport est indépendant du repère choisi sur la droite (d) et de l'unité de longueur choisie.
Il est facile de voir que si l'on permute, en même temps A/B et C/D, on ne modifie pas le rapport anharmonique.
Ce rapport reste invariant pour de nombreuses transformations géométriques : isométrie, similitudes, transformation affine. La dualité par pôles et polaires réciproques conserve aussi le rapport anharmonique de quatre éléments d'une structure unidimensionnelle.
Il reste aussi invariant pour des homographies comme la projection centrale...
Si C est le barycentre de (A, a) et (B, b) et si D est celui de (A, a') et (B, b') alors le rapport anharmonique est
Ce qui explique d'ailleurs qu'une transformation conservant les barycentres conserve aussi les rapports anharmoniques

Un résultat important en géométrie projective stipule qu'une projection centrale conserve le rapport anharmonique. Il permet de dire dans la figure ci-jointe que les rapports anharmoniques de (A, B ; C, D) et (A', B' ; C' D') sont égaux quelles que soient les droites qui portent la série des quatre points. (Une démonstration est réalisable en utilisant plusieurs fois le théorème de Thalès).
Puisque ce rapport est indépendant de la sécante aux quatre droites, ce rapport ne dépend que de la position relative des quatre droites. Il est alors appelé rapport anharmonique des droites
On montre, en fait, que ce rapport est égal à Ce qui explique le birapport soit indépendant de la transversale choisie.
Voir Faisceau harmonique
Lorsque le rapport anharmonique est égal à -1, on dit que les quatre points sont en division harmonique. Le point D est alors appelé le conjugué de C par rapport à A et B. On peut prouver que C est aussi le conjugué de D par rapport à ces mêmes points.
Exemple 1: la suite harmonique
Le point d'abscisse est le conjugué du point d'abscisse 1 par rapport aux points d'abscisse 0 et
.
le point d'abscisse est le conjugué de celui d'abscisse
par rapport aux points d'abscisse 0 et
.
De manière générale, le point d'abscisse est le conjugué du point d'abscisse
par rapport aux points d'abscisse
et 0
On définit ainsi la suite de nombres ... appelée suite harmonique que l'on retrouve en musique pour définir la gamme harmonique

Exemple 2 : moyenne harmonique
Le conjugué de 0 par rapport à x et y est la moyenne harmonique de x et de y :
Exemple 3 : barycentre
Si C est le barycentre de (A, a) et (B, b) alors son conjugué par rapport à A et B est le barycentre de (A, -a) et (B, b)
Pour d'autres exemples :
Outre sa signification en termes de birapport de longueurs orientées, le rapport anharmonique concerne aussi les angles et les aires orientés. Par exemple sur le schéma ci-contre l'aire des divers triangles peuvent s'exprimer de deux manières.
Par exemple pour OAB on a . D'où, après simplifications de OH2 ou de
l'égalité des 3 birapports: de longueurs, d'aires et de sinus.
La propriété du birapport des sinus a une conséquence pour 6 points cocycliques ABCDMP. Les angles et
étant égaux ou supplémentaires, leurs sinus sont égaux. Le birapport des droites M(ABCD) est égal à celui des droites P(ABCD). En conséquence on peut parler du birapport de 4 points sur un cercle. On démontre, sans les sinus, en géométrie projective que cette propriété est vraie pour une conique quelconque (étant donnée une conique, si ABCDM sont fixes et si P parcourt la conique, alors le birapport des droites P(ABCD) est constant).
Le théorème de Ceva et le théorème de Ménélaüs sont reliés par un rapport harmonique.
Les deux théorèmes impliquent deux relations :
qui, après simplification, mènent à : , ce qui exprime que les points D et D' divisent le segment [BC] selon une division harmonique.
En passant cette propriété donne une construction du conjugué de D par rapport à BC, en prenant un point arbitraire A hors de (BC) et un point arbitraire M sur (AD).
Déf : Soient α,β,γ,δ des complexes deux à deux distincts. On définit leur birraport : .
Prop : Quatre points (d'affixe) α,β,γ,δ sont cocycliques ou alignés ssi [.
Prop : Il existe une relation de Chasles multiplicative dans l'ensemble des rapports anharmoniques mettant en jeu cinq nombres a, b, c, d et e. . Les nombres a et b ne changent pas, le nombre d sert d'intermédiaire entre c et e. Un simple développement de l'expression permet de la vérifier.
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