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Symétrie


Symétrie : encyclopédie mathématiques

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Vue de dalles hexagonales toutes symétriques.

De manière générale le terme symétrie renvoie à l'existence, dans une figure quelconque, d'une opération géométrique qui ne modifie pas cette figure. On peut faire correspondre à chaque point de la figure un autre point, sans modification de la figure générale. En mathématique, une symétrie est une transformation géométrique qui est involutive, c'est-à-dire qu'appliquée deux fois d'affilée à une figure, elle laisse cette figure inchangée. Ces symétries sont décrites dans l'article symétrie (transformation géométrique). Un système est symétrique quand on peut permuter simultanément tous ses éléments sans modifier sa structure. Les symétries traduisent une sorte d'égalité du système avec lui-même, ou d'uniformité de sa structure. La notion d'automorphisme, ou isomorphisme interne, exposée plus loin, permet de préciser cette définition.

Sommaire

[modifier] Exemples

Les deux ailes des papillons (ici une vanesse du chardon) sont symétriques.

Un papillon, par exemple, est symĂ©trique : on peut Ă©changer tous les points de la moitiĂ© gauche du corps avec tous les points sur la moitiĂ© droite sans que l’apparence du papillon soit modifiĂ©e. La plupart des animaux, y compris les humains, prĂ©sente une symĂ©trie plane, c'est-Ă -dire que leur moitiĂ© droite et gauche sont symĂ©triques par rapport Ă  un plan de symĂ©trie qu'on appelle plan mĂ©dian en anatomie. Cette caractĂ©ristique, nommĂ©e symĂ©trie bilatĂ©rale, dĂ©finit le clade des Bilateria parmi les animaux, mais elle ne concerne pas leurs organes internes et "il est connu", comme l'Ă©crit Weyl, "que le coeur des mammifères est une boucle asymĂ©trique". Par ailleurs, on trouve aussi des morphologies Ă  symĂ©trie radiaire comme les mĂ©duses, ces animaux formant avec les CtĂ©nophores le groupe paraphylĂ©tique des Radiata. Dans le règne vĂ©gĂ©tal, les plantes Ă  fleurs possèdent souvent une pièce florale Ă  symĂ©trie radiale : la marguerite est un des exemples les plus connus de ce type de fleurs, dites actinomorphes.

En mathĂ©matiques, on peut dĂ©finir de très nombreux types de symĂ©tries. Il y en a autant qu’il y a de façons de permuter simultanĂ©ment les parties d’un système : symĂ©tries par rapport Ă  un axe ou un plan, rotations, translations, homothĂ©ties unitaires, ainsi que toutes leurs combinaisons, entre autres.

L’espace euclidien en son entier est un des systèmes les plus symétriques, au sens où l’ensemble des façons de permuter simultanément tous ses points sans modifier sa structure, son groupe de symétries, est l’un des plus grands, parmi les groupes des symétries géométriques. Tous les points de l’espace sont semblables. Ils n’ont pas d’autre qualité que d’être un point. Ils ont tous les mêmes relations avec le reste de l’espace. Les principales symétries de l’espace euclidien sont les isométries. Que tous les points sont semblables s’exprime alors par le fait que n’importe quel point peut être transformé en n’importe quel autre par une isométrie.

Si l’on brise la symĂ©trie de l’espace en introduisant une sphère, alors tous les points ne sont plus semblables : il y a des points sur la sphère, d’autres Ă  l’intĂ©rieur et d’autres Ă  l’extĂ©rieur. En revanche, tous les points de la sphère sont semblables. N’importe lequel d’entre eux peut ĂŞtre transformĂ© en n’importe quel autre par une isomĂ©trie : une rotation autour du centre de la sphère.

Lorsqu’un système est symétrique, les parties permutables sont nécessairement semblables à l'intérieur d'un modèle, et presque identiques dans le monde physique, puisque le système n’est pas modifié par leur permutation.

[modifier] Qu’est-ce qu’un automorphisme ?

La notion d’automorphisme permet de prĂ©ciser la dĂ©finition des symĂ©tries. Que veut dire « sans modifier sa structure Â» ?

Un système est défini comme un modèle. Il faut déterminer

  • l’ensemble U, fini ou infini, de ses Ă©lĂ©ments, ses points, ses atomes ou ses constituants Ă©lĂ©mentaires. C’est le domaine d’existence associĂ© au système ou Ă  l’univers Ă©tudiĂ©.
  • l’ensemble, en gĂ©nĂ©ral fini, des prĂ©dicats fondamentaux, propriĂ©tĂ©s de base des Ă©lĂ©ments et relations entre eux.
  • l’ensemble, en gĂ©nĂ©ral vide ou fini, des opĂ©rateurs, ou fonctions, qui dĂ©terminent davantage la structure du système.

Une transformation géométrique est un automorphisme ou isomorphisme interne, pour une relation binaire R lorsqu’elle est une fonction inversible, ou bijection, de U dans U telle que

pour tout x et y, x R y si et seulement si tx R ty

Ce qui est vrai de x et y, de satisfaire la relation R, est également vrai de tx et ty.

x est semblable Ă  tx, y Ă  ty.

Cette définition d’un automorphisme se généralise aisément aux prédicats unaires et à toutes les relations, quel que soit le nombre de leurs arguments. Pour un prédicat unaire P, une transformation t est un automorphisme lorsque

pour tout x, Px si et seulement si Ptx

Dans l’exemple du papillon, la symétrie entre la gauche et la droite est un automorphisme pour les propriétés (les prédicats unaires) de couleur. Un point a la même couleur que son point symétrique.

Une transformation t est un automorphisme pour un opérateur binaire + lorsque

pour tous x et y, t(x+y)=(tx)+(ty)

Cette définition d’un automorphisme se généralise aisément à tous les opérateurs, quel que soit le nombre de leurs arguments. t est un automorphisme pour un opérateur unaire lorsque

pour tout x, t(-x) = -t(x)

Autrement dit, une transformation est un automorphisme pour un opérateur unaire, ou fonction d'une seule variable, lorsqu'elle commute avec lui. Lorsque des transformations commutent entre elles, elles sont toutes des automorphismes les unes vis-à-vis des autres, au sens où toute structure définie par une transformation est conservée par toutes les autres.

À un opérateur binaire +, on peut associer une relation ternaire définie par x+y=z. On voit alors que la définition d’un automorphisme pour un opérateur est un cas particulier de la définition d’un automorphisme pour les relations.

[modifier] Les groupes de symétries

Le groupe des symétries est l’ensemble de tous les automorphismes du système. On a les propriétés suivantes.

Pour tous automorphismes t et u, t°u est un automorphisme et l’inverse de t est un automorphisme. La transformation identique (qui associe toujours x à x) est un automorphisme.

Autrement dit,

  • si une structure est conservĂ©e par deux transformations effectuĂ©es sĂ©parĂ©ment, elle est aussi conservĂ©e lorsqu'on effectue les deux transformations l'une Ă  la suite de l'autre. C'est simplement la transitivitĂ© de l'Ă©galitĂ© de la structure.
  • si une structure est conservĂ©e par une transformation, elle est aussi conservĂ©e par la transformation inverse.
  • en outre, il existe toujours une transformation identique, qui ne transforme rien, qui est donc toujours un automorphisme, puisqu'elle ne peut pas modifier quoi que ce soit.

Ces trois propriétés font de l'ensemble des automorphismes d'un système un groupe pour sa loi de composition interne naturelle.

La théorie des groupes est le principal outil théorique d’étude des symétries.

[modifier] Bibliographie

  • Henri Bacry, La symĂ©trie dans tous ses Ă©tats, Vuibert, 2000 (ISBN 9782711752676) 447 pages
  • Claude Cohen-Tannoudji, Yves Sacquin, SymĂ©trie et brisure de symĂ©trie, EDP Sciences, 1999 (ISBN 9782868833990)
  • Jean Sivardière, Description de la symĂ©trie (ISBN 9782868837219) et SymĂ©trie et propriĂ©tĂ©s physiques (ISBN 9782868837226), EDP Sciences, 2004
  • Bas van Fraassen, Lois et symĂ©trie, Vrin, 1994 (ISBN 9782711612185) 520 pages
  • Hermann Weyl, SymĂ©trie et mathĂ©matique moderne, Champs|Flammarion, 1964 (ISBN 2080813668) 153 pages
  • Sidney Kettle, Christine Assfeld, Xavier Assfeld, SymĂ©trie et structure, thĂ©orie des groupes en chimie, Masson, 1997 (ISBN 9782225855269) 379 pages

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

  • En botanique : SymĂ©trie florale
  • En chimie : symĂ©trie molĂ©culaire, chiralitĂ©, isomĂ©rie
  • En physique : symĂ©trie (physique)
  • En gĂ©omĂ©trie : symĂ©trie (transformation gĂ©omĂ©trique)
  • AsymĂ©trie
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