Système décimal sans zéro : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathématiques, un système de numération bijectif est un système de numération qui établit une bijection entre l'ensemble des entiers naturels et l'ensemble des chaînes finies de « chiffres », pris parmi un ensemble fini. En particulier, la numération bijective en base k représente un entier par une chaîne de chiffres de l'ensemble {1, 2..., k} (k ≥ 1), codant le développement de l'entier en puissances de k (bien qu'elle puisse prêter à confusion, cette description est celle qu'on trouve dans la littérature. La numération ordinaire en base k, apparemment bijective, ne répond pas à cette définition, à cause de l'absence de zéros de tête ; par exemple, il n'y a que 90 nombres de deux chiffres en base 10, au lieu des 102 qu'elle réclamerait. La numération bijective en base k est aussi appelée notation k-adique, à ne pas confondre avec le système des nombres p-adiques. En base 1, on parle de système unaire.
Sommaire |
Le système de numération k-adique utilise l'ensemble des chiffres {1, 2, ..., k} (k ≥ 1) pour représenter chaque entier de manière unique, comme ceci :
Pour un k donné ≥ 1,
| représentation 1-adique : | ε | 1 | 11 | 111 | 1111 | 11111 | ... | (système unaire) | ||||||||||
| représentation 2-adique : | ε | 1 | 2 | 11 | 12 | 21 | 22 | 111 | 112 | 121 | 122 | 211 | 212 | 221 | 222 | 1111 | 1112 | ... |
| représentation binaire : | 0 | 1 | 10 | 11 | 100 | 101 | 110 | 111 | 1000 | 1001 | 1010 | 1011 | 1100 | 1101 | 1110 | 1111 | 10000 | ... |
| représentation 3-adique : | ε | 1 | 2 | 3 | 11 | 12 | 13 | 21 | 22 | 23 | 31 | 32 | 33 | 111 | 112 | 113 | 121 | ... |
| représentation 10-adique : | ε | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | A | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | ... |
| représentation décimale : | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | ... |
Dans le second exemple, le chiffre "A" représente l'entier dix. Pour 10 ≤ k ≤ 35, on a l'habitude d'utiliser les lettres successives de l'alphabet pour désigner les chiffres suivant 9 ; par exemple, un système hexadécimal bijectif utiliserait les seize chiffres {1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, A, B, C, D, E, F, G}.
Le système bijectif en base 10 est aussi connu sous le nom de système décimal sans zéro ; comme on l'a dit, il utilise un chiffre supplémentaire, "A", pour représenter 10.
Comme dans le système décimal usuel, chaque position des chiffres représente une puissance de dix, et, par exemple, 123 est "une centaine, plus deux dizaines, plus trois unités". Tous les entiers positifs dont la représentation décimale ne comporte pas de zéros (tels que 123) ont la même représentation dans le système décimal sans zéro. Ceux qui contiennent un zéro doivent être réécrits, ainsi, 10 devient A, 20 devient 1A, 100 devient 9A, 101 devient A1, 302 devient 2A2, 1000 devient 99A, 1110 devient AAA, 2010 devient 19AA, et ainsi de suite.
L'addition et la multiplication en système décimal sans zéro utilisent essentiellement les mêmes règles que dans le système usuel, si ce n'est que les retenues se produisent quand un résultat dépasse dix, au lieu de neuf. Ainsi, pour calculer 643 + 759, il y a douze unités (on écrit 2 à droite et on retient 1), dix (9+1) dizaines (on pose A et on ne retient rien), treize centaines (on pose 3 et on retient 1), et un millier, d'où le résultat 13A2 plutôt que la notation conventionnelle 1402.
Le système bijectif en base 26 est aussi connu sous le nom de base 26 sans zéro ; il utilise les « chiffres » de "A" à "Z" pour représenter les nombres de 1 à 26. La suite des nombres est A, B, C, ..., X, Y, Z, AA, AB, AC, ..., AX, AY, AZ, BA, BB, BC, ... C'est de cette manière que beaucoup de tableurs tels que Microsoft Excel identifient les colonnes de leurs feuilles de calcul.
Chaque position de chiffre représente une puissance de vingt-six ; ainsi, par exemple, ABC est "une fois 26^2, plus deux fois 26^1, plus trois unités (26^0)" puisque "A" vaut un, "B" vaut deux, et "C" vaut trois. Dans cette représentation, le nombre WIKIPEDIA est :
Le système précédent n'utilise jamais la chaîne vide, et commence donc à compter à partir de 1. Une variante de ce système est utilisée pour nommer les étoiles variables ; il peut plus généralement être utilisé chaque fois qu'on désire une nomenclature systématique utilisant des lettres, et les chaînes de caractères les plus courtes possible.
Le fait que tout entier naturel possède une représentation unique en numération bijective de base k (k ≥ 1) est un théorème du "folklore mathématique" qui a été redécouvert de nombreuses fois. On le trouve par exemple chez Smullyan (1961) pour le cas k = 2, et chez Böhm (1964) pour tous les k ≥ 1 (Böhm utilisait ces représentations pour effectuer des calculs dans le langage de programmation P′′ (en)). Knuth (1969) mentionne le cas particulier k = 10, et Salomaa (en) (1973) discute les cas k ≥ 2. Forslund (1995) estime que d'anciens systèmes de numération bijectifs auraient pu passer inaperçus dans les documents archéologiques, en raison du manque de familiarité avec eux ; ce dernier article est remarquable par le fait qu'il ne cite pas la littérature existante, mais semble réinventer cette notation de toutes pièces.
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