Techniques de calcul mental : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Avant d'exposer les différentes techniques de calcul mental, il est essentiel de souligner que ces techniques ne sont pas naturelles et ne transforment pas quelqu'un qui ne sait pas compter en une calculatrice humaine en un clin d'Å“il ; il faut pour se les approprier s'entraîner, et les pratiquer régulièrement.
Le calcul mental utilise
Un entrainement régulier permet d'augmenter la quantité de résultat déjà connus, et de renforcer la mémoire à court terme.
L'addition est associative ( a + (b + c) = (a + b) + c ) et commutative ( a + b = b + a) : on peut donc associer et commuter les termes entre eux:
On transforme progressivement les nombres pour "arrondir" le nombre à soustraire et ainsi n'avoir plus que zéro à soustraire, en profitant du fait que
Contrairement à l'algorithme usuel, on calcule de préférence des puissances élevées vers les unités (ce n'est pas obligatoire mais c'est plus commode pour la mémoire). Exemple :
Lorsque le chiffre à soustraire, au cours d'une opération, est plus petit que le chiffre dont on doit le soustraire, on fait la soustraction directement :
Lorsque le chiffre à soustraire est trop grand, on fait une addition, ce qui permet de matérialiser immédiatement la retenue sans avoir à la mémoriser en plus :
Mais parfois il y a encore plus simple, car le but est d'arrondir progressivement le nombre à soustraire
On peut ainsi, de manière générale, utiliser un complément à 10, 100, 1000 du soustracteur (car il est aisé de soustraire 10, 40, 100, 1000, par exemple) en ajoutant le même nombre à chacun des termes de la soustraction : 872 − 91 = 881 − 100 = 781 (on a ajouté 9). 8192 − 732 = 8160 − 700 = 7460 (on a enlevé 32).
Le principe reste le même, il s'agit d'arrondir et d'annuler progressivement la quantité à ajouter, mais cette fois il faut concevoir cela comme un déplacement de petits morceaux de la quantité à ajouter vers le nombre auquel on l'ajoute, ou parfois, pour éviter les retenues, dans l'autre sens.
ou
Là encore on calcule de préférence des puissances élevées vers les unités. Exemple :
Cette technique est très usuelle, on l'observe chez les commerçants qui rendent la monnaie.
On ramène la soustraction en une addition, à partir du nombre à soustraire (b), de la quantité suffisante pour obtenir le nombre dont on le soustrait (a). Le calcul est fait chiffre par chiffre et dans l'ordre usuel (des unités vers les dizaines, centaines, etc.) car, dans un contexte monétaire, il est possible de matérialiser immédiatement le résultat intermédiaire par une quantité de monnaie piochée dans la caisse, sans avoir besoin de le mémoriser.
Par exemple, 1462 - 295
C'est encore plus facile si le nombre à atteindre est un chiffre rond commençant par un, comme c'est le cas lorsqu'il s'agit de rendre la monnaie : le chiffre à obtenir est le complémentaire à 10 de celui qui est à soustraire pour les unités et le complémentaire à 9 pour les autres, ce qu'on retient très vite avec un peu de pratique. Par exemple
ab x cd = .....
| |
b x d = bd
ab x cd = ..... | | a x c = ac
ab x cd = ..... ac bd ac + bd = ef
ab x cd = .....
ac bd
e f
ab x cd = .....
a|c b|d
|e f|
ab x cd = .....
a|c b|d
|e f|
-------
a c b d
+ +
e f
ab x cd = a ( c + e ) ( b + f ) d
45 x 33 = .....
| |
5 x 3 = 15
45 x 33 = ..... | | 4 x 3 = 12
45 x 33 = ..... 12 15 12 + 15 = 27
45 x 33 = .....
12 15
2 7
45 x 33 = .....
1|2 1|5
|2 7|
45 x 33 = .....
1|2 1|5
|2 7|
-------
1 2 1 5
+ +
2 7
45 x 33 = .....
1|2 1|5
|2 7|
-------
1 2 1 5
+ +
2 7
-------
1 4 8 5
Une multiplication par 10 consiste uniquement à rajouter un 0 à droite du nombre ; c'est donc une opération très élémentaire (s'il s'agit d'un nombre décimal, on décale la virgule d'une position vers la droite).
C'est un cas particulier de multiplication, où l'on peut travailler chiffre à chiffre : si retenue il y a, c'est forcément 1, elle n'impacte que le dernier chiffre trouvé et il n'y a que peu de risque de retenu en cascade car cela voudrait dire qu'on est parti d'un nombre rempli de 9. On calcule de gauche à droite, en commençant par les chiffres représentant les puissances élevées, et en incorporant progressivement les retenues si elles apparaissent
Il s'agit d'une multiplication par 10 suivie d'une division par 2 ; donc pour multiplier par 5, il suffit de savoir diviser par 2.
Il faut lire le nombre de gauche à droite, et diviser les chiffres par 2 arrondi à l'entier inférieur puis ajouter 5 au résultat de la division par 2 du chiffre suivant si le chiffre qu'on a divisé était impair. Par exemple
le résultat est 0880 soit 176x5 = 880
Il suffit de remarquer que 9 = 10 – 1, donc pour multiplier par 9, il suffit de multiplier le nombre par 10, et de le soustraire au résultat ; par exemple, 9 × 27 = 270 – 27 = 243. Il faut donc savoir soustraire…
Autre technique : avec les doigts de la main. On place ses deux mains face à soi et on replie le doigt que l'on veut multiplier par 9.
exemple : 9 x 4; on replie le 4e doigt en partant de gauche. il reste 3 doigts à gauche et 6 à droite
Cette technique permet de multiplier un nombre entre 6 et 10 par un autre entre 6 et 10.
Cette technique utilise les dix doigts des deux mains, face à face :
-10-- -10-- --9-- --9-- --8-- --8-- --7-- --7-- --6-- --6--
Deux exemples :
haut :
-10--
--9--
--8--
-10-- --7--
bas :
--9-- --6--
--8--
--7--
--6--
- 5 doigts en bas font 5 dizaines - 4 doigts en haut à droite - 1 doigt en haut à gauche
résultat : 9 × 6 = 50 + 4 × 1 = 54
haut :
-10-- --9-- --8-- -10-- --7-- --9--
bas :
--6-- --8--
--7--
--6--
- 4 doigts en bas font 4 dizaines - 2 doigts en haut à droite - 4 doigts en haut à gauche
résultat : 6 × 8 = 40 + 2 × 4 = 48
Le fonctionnement : chaque doigt représente un chiffre (entre 6 et 10), on joint les deux doigts dont on veut multiplier les chiffres correspondants (x et y). Les doigts en bas indiquent les dizaines, on en a (x – 5) + (y – 5) ; les doigts à gauche en haut indiquent (10 – x) et ceux à droite en haut (10 – x).
Et : [(x – 5) + (y – 5)] × 10 + (10 – x) × (10 – y) = (x + y - 10) × 10 + (100 - 10y - 10x + x × y) = 10x + 10y - 100 + 100 - 10y - 10x + x × y = x × y
Pour calculer un tel carré, il suffit de calculer le produit du nombre qu'on forme en effaçant ce chiffre « 5 » par le nombre entier suivant et de faire suivre l'écriture obtenue des deux chiffres « 25 ». Par exemple pour calculer 85², on calcule le produit 8 × 9 = 72 et on trouve ainsi que 85² = 7 225.
Commencer par multiplier les deux chiffres des unités entre eux puis faire précéder l'écriture obtenue, au niveau des centaines, par l'écriture du produit de ce nombre commun de dizaines par le nombre entier suivant.
Exemples :
Cette technique est une généralisation de la technique Calcul du carré d'un entier ayant « 5 » comme chiffre des unités. Sa validité provient du calcul suivant, où a désigne le nombre entier commun de dizaines et b l'une des deux unités complémentaires :
(10a + b)(10a + (10 − b)) = 100a2 + 10a(b + 10 − b) + b(10 − b) = 100a(a + 1) + b(10 − b)
Une astuce consiste à faire la somme du premier chiffre avec le second, puis de l'ajouter entre les deux si la somme est inférieure à 10. Ainsi 17 × 11 = 187; 35 × 11 = 385, etc. Si la somme est supérieure à 10, on place le chiffre des unités de la somme entre les deux chiffres et on ajoute 1 aux centaines. Exemples : 58 × 11 = 638; 93 × 11 = 1023, etc.
La technique est à peu près la même que pour les nombres à deux chiffres.
Ainsi on a 123 x 11 = 1353, avec le premier chiffre 1, suivi de 3 (1+2 =3), puis 5 (2+3=5), puis le dernier chiffre 3.
Deuxième technique avec toujours le nombre 123:
1)On conserve toujours le premier chiffre et le dernier chiffre (c'est à dire le 1 et le 3) du nombre 123 qui maintiendrons leur place initiale pour le résultat final.
2)On garde les deux premiers chiffres (12)du nombre 123 et les deux derniers chiffres (23) du nombre 123 pour les additionner: 12+23=35
3)Résultat final donne le 1 3 et on ajoute au milieu la somme qu'on a trouvé ci dessus(35)cela donne 1353 donc 123 x 11 = 1353
Remarque cet exemple n'est pas trop différent du premier mais ceux qui préfèrent additionner en vertical qu'en horizontal(linéaire) seront ravis. Mais il faut être à l'aise avec les additions à deux chiffres.
Si une des deux additions donne un résultat supérieur à 10, il est plus facile de commencer à l'envers :
Voici une technique pour calculer le modulo 11 d'un nombre à trois chiffres:
Exemples:
Pour multiplier les deux nombres, la technique est la suivante :
Exemple avec 17 × 18 :
Exemple avec 14 × 17 :
Démonstration :
Soit à multiplier, par exemple, 709801 (multiplicande) par 58 (multiplicateur).
L'étape préliminaire est d'écrire le multiplicateur dans l'ordre inverse, 58 devient 85.
La méthode consiste ensuite de faire glisser le multiplicateur retourné le long des chiffres du multiplicande,
comme un train longeant un quai, puis de faire la somme des produits.
Étape 1
709801
85 on calcule 5x7 = 35, on conserve : 35 <-- ligne d'ordre 'zéro'
Étape 2
709801
85 on calcule 8x7 + 5x0 = 56, on conserve : 356
5 <-- ligne d'ordre 'un' (retenues des dizaines - 56 est écrit en diagonal)
Étape 3
709801
85 on calcule 8x0 + 5x9 = 45, on conserve : 3565
54
Étape 4
709801
85 on calcule 8x9 + 5x8 = 112, on conserve : 35652
541
1 <-- ligne d'ordre 'deux' (retenues des centaines - 112 est écrit en diagonal)
Étape 5
709801
85 on calcule 8x8 + 5x0 = 64, on conserve : 356524
5416
1
Étape 6
709801
85 on calcule 8x0 + 5x1 = 5, on conserve : 3565245
5416
1
Étape 7
709801
85 on calcule 8x1 = 8, on conserve : 35652458
5416
1
Dernière étape : on additionne les lignes des retenues ce qui donne :
35652458
+ 5416
+ 1
=41168458
Remarque : un certain nombre de méthodes particulière de calcul mental s'explique par cette méthode générale (qui n'est qu'une autre façon de poser la multiplication). Par exemple la multiplication par '11' : on remarque immédiatement que la multiplication par '11' s'effectue en conservant le premier et le dernier chiffres et les chiffres intermédiaires sont la somme de deux chiffres successifs.
On peut utiliser les carrés des entiers, pour calculer des produits pour les petits nombres ; par exemple, pour calculer 13 × 17, on peut remarquer que l'on est en train de calculer (15 – 2) × (15 + 2), donc 152 – 22, d'après l'une des identités remarquables, c'est-à -dire 225 – 4 = 221, ce qui donne le résultat très rapidement, puisque l'opération devient une simple soustraction.
Cela demande néanmoins de connaître par cœur un certain nombre de carrés :
Il faut néanmoins remarquer que si on ne connaît que certains de ces carrés, les identités remarquables permettent de calculer les autres facilement…
Le calcul à effectuer ne fait pas forcément intervenir des nombres qui se prêtent aux techniques précédentes, néanmoins, on peut forcer le passage de diverses manières :
Cette technique est très répandue dans les compétitions de calcul mental. En voici un exemple d'utilisation :
Soit à multiplier 8397 par 5621. On écrit les deux nombres l'un au dessus de l'autre.
La première colonne montre un schéma correspondant à l'étape de calcul. La seconde colonne montre le calcul correspondant. La troisième colonne indique le nombre posé (écrit) et la quatrième colonne montre la retenue.
| Schéma | Calcul | Posé | Retenu |
|---|---|---|---|
| 7 | 0 | ||
| 3 | 2 | ||
| 5 | 6 | ||
| 9 | 10 | ||
| 9 | 8 | ||
| 1 | 7 | ||
| 7 | 4 |
Remarque : dans les étapes de calcul, la retenue peut parfois être supérieure à 9.
On écrit la dernière retenue puis tous les résultats posés dans l'ordre inverse de celui où ils ont été calculés : soit : 4, 7, 1, 9, 9, 5, 3, 7. .
Si en multipliant deux nombres plus petits que 100 on trouve plus de 10 000, il y a assurément un problème ! Ces considérations sont très empiriques et ne repèrent que les erreurs grossières, mais c'est la méthode la plus rapide. Ainsi la relativité, art complexe s'il en est, est là pour nous raisonner.
Si vous multipliez les chiffres des unités de a et b, le chiffre des unités du résultat est le chiffre des unités de a × b ; exemple : 27 × 72 doit finir par un 4. Cette vérification permet de vérifier un chiffre avec certitude.
Pour calculer un quotient, on peut diviser le dividende et le diviseur par le même nombre :
Commencer les produits par la partie gauche et simplifier : 117 × 34 = ?
Toutes les méthodes exposées dans l'article peuvent se combiner.
La connaissance du développement limité d'une fonction au voisinage d'un point (0 en particulier) permet de calculer des valeurs approchées.
Cette technique permet d'obtenir environ trois bonnes décimales par opération. On doit savoir que (a – b)2 = a2 – 2ab + b2 Il suffit de choisir un b tellement petit que le terme b2 est négligeable. Par exemple, si on a la racine de 15 à calculer, on sait que la racine de 16 est 4. On doit prendre un b qui fait que (4 – b)2 = 15 ou presque. Puisque (4 – b)2 = 16 – 2 × 4 × b environ, on prend b = (16 – 15) ÷ (2 × 4), c'est-à -dire 1/8 ou 0,125. La racine carrée de 15 vaut donc environ 4 – 0,125 ou 3,875. Si on veut plus de précision, on recommence. Puisque notre 4 initial était à notre choix, on peut recommencer avec 3,88 au lieu, si on trouve que 3,875 est trop précis. Nous avons donc (3,88 – b)2 = 15. b = (3,882 - 15) ÷ (2 × 3,88) = (15,054 – 15) ÷ (7,76) = environ 0,054 ÷ 8 donc environ 0,00675. La racine de 15 est maintenant évaluée à 3,88 – 0,00675 ou 3,87325. La valeur donnée par une calculatrice est 3,8730.
Cette technique permet d'obtenir autant de décimales que nécessaire, en combinant additions et soustractions. Le procédé est itératif et présente l'avantage de fournir un chiffre exact de la racine à chaque itération.
Explication (et exemple avec le calcul de la racine de 5337) :
Ainsi en première approximation, il est possible de trouver que la racine de 5337 est 73,05.
Le soroban est un boulier japonais qui favorise la pratique du calcul mental en automatisant mentalement l'opération de calcul.
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