Théorème de Pythagore : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Le thĂ©orĂšme de Pythagore est un thĂ©orĂšme de gĂ©omĂ©trie euclidienne qui donne une formule reliant les longueurs des cĂŽtĂ©s dans un triangle rectangle : le carrĂ© de la longueur de lâhypotĂ©nuse est Ă©gal Ă la somme des carrĂ©s des longueurs des deux autres cĂŽtĂ©s.
Ce thĂ©orĂšme permet notamment de calculer lâune de ces longueurs Ă partir des deux autres. Il est nommĂ© dâaprĂšs Pythagore de Samos, mathĂ©maticien, philosophe et astronome de la GrĂšce antique, mĂȘme si le rĂ©sultat a vraisemblablement Ă©tĂ© dĂ©couvert indĂ©pendamment dans plusieurs autres cultures.
Les premiĂšres dĂ©monstrations historiques reposent en gĂ©nĂ©ral sur des mĂ©thodes de calcul dâaire par dĂ©coupage et dĂ©placement de figures gĂ©omĂ©triques. Inversement, la conception moderne de la gĂ©omĂ©trie euclidienne est fondĂ©e sur une notion de distance qui est dĂ©finie pour respecter ce thĂ©orĂšme.
Divers autres Ă©noncĂ©s gĂ©nĂ©ralisent le thĂ©orĂšme Ă des triangles quelconques, Ă des figures de plus grande dimension telles que les tĂ©traĂšdres, ou en gĂ©omĂ©trie non euclidienne comme Ă la surface dâune sphĂšre.
Sommaire |
Un triangle rectangle est un triangle admettant un angle droit (câest-Ă -dire de mesure 90°).
Les deux cĂŽtĂ©s adjacents sont appelĂ©s cathĂštes et le cĂŽtĂ© opposĂ© est lâhypotĂ©nuse.
La forme la plus connue du théorÚme de Pythagore est la suivante :
ThĂ©orĂšme de Pythagore â Dans un triangle rectangle, le carrĂ© de la longueur de lâhypotĂ©nuse est Ă©gal Ă la somme des carrĂ©s des longueurs des cĂŽtĂ©s de lâangle droit.
En particulier, la longueur de lâhypotĂ©nuse est donc toujours supĂ©rieure Ă celle de chaque autre cĂŽtĂ©.
Le terme « longueur » est parfois omis, chaque cĂŽtĂ© Ă©tant assimilĂ© Ă sa longueur. Toutefois lâĂ©lĂ©vation au carrĂ© (algĂ©brique), qui nâa de sens que pour une grandeur numĂ©rique comme la longueur, correspond Ă la construction dâun carrĂ© (gĂ©omĂ©trique) sur chaque cĂŽtĂ© du triangle. Certaines dĂ©monstrations du thĂ©orĂšme sâappuient dâailleurs sur une Ă©galitĂ© dâaires entre le carrĂ© construit sur lâhypotĂ©nuse et la rĂ©union des carrĂ©s construits sur les deux autres cĂŽtĂ©s.
En nommant les sommets du triangle, le thĂ©orĂšme peut se reformuler dans lâimplication suivante :
ThĂ©orĂšme de Pythagore â Si un triangle ABC est rectangle en C, alors AB2 = AC2 + BC2.
Avec les notations usuelles AB = c, AC = b et BC = a (cf figure ci-dessous), la formule sâĂ©crit encore : a2 + b2 = c2.
Par contraposée :
ThĂ©orĂšme â Si AB2 nâest pas Ă©gal Ă AC2 + BC2 alors le triangle nâest pas rectangle en C.
Lâimplication rĂ©ciproque est Ă©galement vraie :
RĂ©ciproque du thĂ©orĂšme de Pythagore â Si AB2 = AC2 + BC2 alors le triangle ABC est rectangle en C.
Pour une formulation sans notations des sommets, il faut Ă©viter dâutiliser le terme « hypotĂ©nuse », qui nâest pas dâusage pour un triangle quelconque.
RĂ©ciproque du thĂ©orĂšme de Pythagore â Si dans un triangle, le carrĂ© de la longueur du plus grand cĂŽtĂ© est Ă©gal Ă la somme des carrĂ©s des longueurs des deux autres cĂŽtĂ©s, alors ce triangle est rectangle et lâangle droit est lâangle opposĂ© au plus grand cĂŽtĂ©, et le plus grand cĂŽtĂ© de ce triangle est son hypotĂ©nuse.
Par contraposée de la réciproque :
ThĂ©orĂšme â Si un triangle ABC nâest pas rectangle en C, alors AB2 nâest pas Ă©gal Ă AC2 + BC2.
DâaprĂšs la rĂ©ciproque du thĂ©orĂšme de Pythagore, si un triangle a des cĂŽtĂ©s de longueurs 3, 4 et 5 (par rapport Ă une unitĂ© quelconque) alors il est rectangle.
Ce cas particulier de triplet pythagoricien justifie lâusage de la corde Ă treize nĆuds, qui permettait de mesurer des distances mais aussi dâobtenir un angle droit sans Ă©querre rigide en rĂ©partissant les douze intervalles qui sĂ©parent les nĆuds sur les trois cĂŽtĂ©s dâun triangle de dimensions 3 - 4 - 5.
Le thĂ©orĂšme (ou plutĂŽt sa contraposĂ©e) et sa rĂ©ciproque montrent que la relation donnĂ©e entre les longueurs des cĂŽtĂ©s est une propriĂ©tĂ© caractĂ©ristique des triangles rectangles, ce qui permet de lâutiliser comme test dans la dĂ©termination de la nature dâun triangle :
En procédant au test pour chacun des trois sommets du triangle, on obtient un algorithme qui détermine si le triangle est rectangle ou non à partir des longueurs de ses cÎtés.
Dans le plan muni dâun repĂšre orthonormĂ©, la distance entre deux points sâexprime en fonction de leurs coordonnĂ©es cartĂ©siennes Ă lâaide du thĂ©orĂšme de Pythagore par :
Cette formule est analogue Ă celle qui donne la norme dâun vecteur de coordonnĂ©es (x;y) dans une base orthonormĂ©e :
Ces formules se généralisent en dimension plus grande.
En considĂ©rant le cosinus et le sinus dâun angle α comme l'abscisse et l'ordonnĂ©e dâun point du cercle trigonomĂ©trique repĂ©rĂ© par cet angle, le thĂ©orĂšme de Pythagore permet dâĂ©crire la relation suivante :
En effet, si dans le triangle ABC rectangle en C, α est l'angle formé en A, alors :
Or, selon le théorÚme de Pythagore,
Par conséquent,
Les plus anciennes traces de la relation entre les longueurs des cĂŽtĂ©s dâun triangle rectangle peuvent ĂȘtre envisagĂ©es dans lâinscription de triplets pythagoriciens. Il sâagit de triplets dâentiers (a, b, c) satisfaisant la relation a2+b2=c2. Ils ont Ă©tĂ© relevĂ©s sur des tablettes babyloniennes, notamment la tablette Plimpton 322 datant du XVIIIe siĂšcle av. J.âC.), soit plus de 1 000 ans avant Pythagore. Certains prĂ©tendent mĂȘme en trouver sur des mĂ©galithes datant du XXVe siĂšcle av. J.âC. en Grande-Bretagne[1].
Parmi ces triplets, le plus petit dâentre eux est le triplet 3-4-5. Il correspond aux dimensions dâun triangle rectangle dont Plutarque conjecture une interprĂ©tation symbolique dĂšs lâĂgypte antique[2]. Ce triangle peut ĂȘtre formĂ© Ă lâaide dâune corde Ă treize nĆuds (voir plus haut) qui restera un outil des gĂ©omĂštres jusquâĂ la fin du Moyen Ăge[3].
Mais dâune part, lâutilisation de cette corde Ă nĆuds nâindique pas forcĂ©ment la connaissance du fait que lâangle formĂ© est mathĂ©matiquement un angle droit ; dâautre part lâinventaire de triplets pythagoriciens a pu ĂȘtre entrepris dans un cadre arithmĂ©tique en dehors du contexte gĂ©omĂ©trique. Enfin, pour que le constat soit Ă©rigĂ© en thĂ©orĂšme, il faut que la relation soit dĂ©montrĂ©e, et pas seulement sur quelques cas particuliers.
Le thĂ©orĂšme, accompagnĂ© dâune dĂ©monstration, apparait au dĂ©but du IIIe siĂšcle av. J.âC. dans les ĂlĂ©ments dâEuclide (proposition XLVII) sous la forme suivante[4] :
« Aux triangles rectangles, le carrĂ© du cĂŽtĂ© qui soutient lâangle droit, est Ă©gal aux carrĂ©s des deux autres cĂŽtĂ©s. »
Sa réciproque est la proposition XLVIII[4] :
« Si le carrĂ© de lâun des cĂŽtĂ©s dâun triangle est Ă©gal aux carrĂ©s des deux autres cĂŽtĂ©s, lâangle soutenu par ces cĂŽtĂ©s est droit. »
Les commentaires de Proclos (autour de lâan 400) semblent indiquer quâEuclide nâaurait fait que retranscrire une dĂ©monstration plus ancienne que Proclos attribue Ă Pythagore. Cependant, les preuves historiques de la vie de Pythagore sont si rares quâon ne peut lui attribuer avec certitude la paternitĂ© de cette dĂ©monstration.
ParallĂšlement au dĂ©veloppement des mathĂ©matiques grecques, le thĂ©orĂšme apparait en Chine dans le Zhoubi suanjing (« Le Gnomon des Zhou »), un des plus anciens ouvrages mathĂ©matiques chinois. Ce dernier, Ă©crit probablement durant la dynastie Han (-206 Ă 220), regroupe des techniques de calcul datant de la dynastie Zhou (Xe siĂšcle av. J.âC. Ă -256). Le thĂ©orĂšme ou procĂ©dure sâĂ©nonce de la maniĂšre suivante :
« En rĂ©unissant lâaire (mi) de la base (gou) et lâaire de la hauteur (gu) on engendre lâaire de lâhypotĂ©nuse. »
Mais la question se pose de savoir si ce thĂ©orĂšme ou procĂ©dure est alors muni ou non dâune dĂ©monstration. Sur ce point les avis sont partagĂ©s(Chemla Shuchun, p. 681). Le thĂ©orĂšme, sous le nom de Gougu (Ă partir des mots « base » et « altitude »), est repris dans le Jiuzhang suanshu (Les neuf chapitres sur l'art mathĂ©matique, -100 Ă 50), avec une dĂ©monstration, utilisant un dĂ©coupage et une reconstitution, qui ne ressemble en rien Ă celle dâEuclide et qui prouve lâoriginalitĂ© de la dĂ©marche chinoise.
En Inde, vers -300, on trouve la trace dâune dĂ©monstration numĂ©rique de la propriĂ©tĂ© (preuve effectuĂ©e sur des nombres particuliers mais qui peut se gĂ©nĂ©raliser aisĂ©ment).
De nombreuses autres dĂ©monstrations ont Ă©tĂ© recensĂ©es depuis, utilisant des outils mathĂ©matiques variĂ©s. LĂ©onard de Vinci et mĂȘme le prĂ©sident amĂ©ricain James Garfield en ont proposĂ©.
Le thĂ©orĂšme de Pythagore pourrait avoir Ă©tĂ© Ă lâorigine de la notions de grandeurs incommensurables, prĂ©misse des nombres irrationnels. En effet, il montre[note 1] quâun carrĂ© dont le cĂŽtĂ© sert dâunitĂ© a une diagonale dont le carrĂ© de la longueur vaut 2. Or aucune fraction dâentiers nâa de carrĂ© Ă©gal Ă 2. La construction gĂ©omĂ©trique dâun rapport « privĂ© de raison » allait Ă lâencontre de la vision du monde de lâĂ©cole pythagoricienne[5].
La recherche exhaustive des triplets pythagoriciens, motivĂ©e par la construction de triangles rectangles dont les longueurs de cĂŽtĂ© sont commensurables, sâest constituĂ©e en problĂšme arithmĂ©tique Ă part entiĂšre. Elle ouvre la porte Ă la recherche de triplets satisfaisant une Ă©quation plus gĂ©nĂ©rale : an + bn = cn, oĂč lâexposant n est un entier supĂ©rieur Ă 2. Lâabsence de solution lorsque lâexposant est supĂ©rieur ou Ă©gal Ă 3 est la conjecture de Fermat, qui nâa Ă©tĂ© dĂ©finitivement dĂ©montrĂ©e que plus de trois siĂšcles plus tard par Andrew Wiles.
Enfin, il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le thĂ©orĂšme de Pythagore est Ă©quivalent Ă lâaxiome des parallĂšles[6].
Le thĂ©orĂšme de Pythagore Ă©tant dĂ©rivĂ© des axiomes de la gĂ©omĂ©trie euclidienne, sa validitĂ© dans le monde rĂ©el a pu ĂȘtre remise en question avec le caractĂšre non euclidien de lâespace physique. Le mathĂ©maticien Carl Friedrich Gauss, ayant envisagĂ© cette hypothĂšse prĂšs dâun siĂšcle avant la naissance de la thĂ©orie de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale, aurait selon une lĂ©gende[7] mesurĂ© les angles dâun triangle formĂ© par trois villes de la rĂ©gion de Hanovre afin de vĂ©rifier si la somme de leurs angles constituait effectivement un angle plat.
Plusieurs centaines de dĂ©monstrations diffĂ©rentes[8] ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©es pour le thĂ©orĂšme de Pythagore. La plupart sont construites sur des Ă©galitĂ©s dâaire obtenues par dĂ©coupage et recollement, voire en utilisant des rapports dâaire de triangles semblables. La dĂ©finition du produit scalaire en gĂ©omĂ©trie repĂ©rĂ©e fournit aussi une dĂ©monstration purement algĂ©brique.
La dĂ©monstration prĂ©sentĂ©e par Euclide dans les ĂlĂ©ments sâappuie dâune part sur le cas dâĂ©galitĂ©[note 2] de deux triangles ayant un angle de mĂȘme mesure entre deux cĂŽtĂ©s de mĂȘmes longueurs, dâautre part sur la proposition XLI du livre Ier :
« Si un parallĂ©logramme et un triangle ont une mĂȘme base, et sont entre mĂȘmes parallĂšles ; le parallĂ©logramme sera [dâaire] double du triangle. »
Sur les cĂŽtĂ©s dâun triangle ABC rectangle en A, sont construits extĂ©rieurement des carrĂ©s BCED, ABFG et ACIH. La hauteur de ABC issue de A coupe le cĂŽtĂ© opposĂ© [BC] en J et le segment [DE] en K.
Il sâagit de dĂ©montrer que lâaire du carrĂ© BCED est Ă©gale Ă la somme des aires des carrĂ©s ABFG et ACIH.
Les triangles BCF et ABD ont mĂȘme angle en B (câest-Ă -dire lâangle du triangle ABC augmentĂ© dâun angle droit) et par construction, BF = AB et BC = BD. Donc les triangles BCF et ABD ont mĂȘme aire. Or dâaprĂšs la proposition XLI, lâaire du triangle BCF vaut la moitiĂ© de celle du carrĂ© ABFG et lâaire du triangle ABD vaut la moitiĂ© de celle du rectangle BDKJ. Donc le carrĂ© ABFG et le rectangle BDKJ ont mĂȘme aire.
De mĂȘme, les triangles BCI et ACE ont mĂȘme angle en C avec les Ă©galitĂ©s AC = CI et BC = CE donc ils ont mĂȘme aire, donc dâaprĂšs la proposition XLI, le carrĂ© ACIH a mĂȘme aire que le rectangle CEKJ.
Finalement, le carré BCED se décompose en deux rectangles BDKJ et CEKJ, dont les aires sont celles de ABFG et ACIH respectivement.La méthode utilisée permet de démontrer de façon analogue le théorÚme de Clairaut pour un triangle quelconque sur les cÎtés duquel sont construits des parallélogrammes.
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Le thĂ©orĂšme de Gougu[9],[10] de gou (base) et gu (hauteur)(Chemla Shuchun, chap. 9) est reconstituĂ© dâaprĂšs les commentaires du mathĂ©maticien chinois Liu Hui (IIIe siĂšcle apr. J.-C.) sur le JiuZhang SuanShu äčç« çźèĄ « neuf chapitres dâArithmĂ©tique » (206 av.â220 apr. J.-C.), et le Zhoubi Suanjian ćšé«çźç¶, « lâombre des cycles, livre de calculs » (un livre dâastronomie). Le neuviĂšme chapitre du livre Les neuf chapitres, classique mathĂ©matique de la chine ancienne, sâouvre sur un Ă©noncĂ© du thĂ©orĂšme de Pythagore avec le commentaire laconique : « la base multipliĂ©e par elle-mĂȘme fait un carrĂ© vermillon, la hauteur multipliĂ©e par elle mĂȘme un carrĂ© bleu-vert et lâon fait en sorte que ce qui entre et ce qui sort se compense lâun lâautre (...) alors (...) on engendre par rĂ©union lâaire du carrĂ© de lâhypotĂ©nuse ». Cette preuve utilise le principe du puzzle : deux surfaces Ă©gales aprĂšs dĂ©coupage fini et recomposition ont mĂȘme aire. Euclide, dans sa propriĂ©tĂ© de cisaillement, utilise le mĂȘme principe.
Lâabsence dâillustration associĂ©e Ă ce commentaire rĂ©duisent les historiens Ă Ă©mettre des conjectures pour sa reconstitution. Le dessin ci-contre est proposĂ© par Jean-Claude Martzloff[11] dâaprĂšs une Ă©dition de 1892 des Neuf chapitres. Le triangle rectangle y est tracĂ© en gras, le carrĂ© de la hauteur a Ă©tĂ© tracĂ© Ă lâextĂ©rieur du triangle, le carrĂ© de la base et celui de lâhypotĂ©nuse sont tournĂ©s vers le triangle. Les parties des carrĂ©s des cĂŽtĂ©s de lâangle droit qui dĂ©passent du carrĂ© de lâhypotĂ©nuse ont Ă©tĂ© dĂ©coupĂ©es et replacĂ©es Ă lâintĂ©rieur de ce carrĂ©. Le triangle rouge est Ă©gal au triangle de dĂ©part. Le triangle jaune a pour grand cĂŽtĂ© de lâangle droit le petit cĂŽtĂ© du triangle de dĂ©part et a mĂȘmes angles que le triangle initial. Le triangle bleu a pour grand cĂŽtĂ© de lâangle droit, la diffĂ©rence des cĂŽtĂ©s du triangle initial et a mĂȘmes angles que le triangle initial.
Karine Chemla(Chemla Shuchun, p. 680) appuie plutĂŽt son raisonnement sur une figure fondamentale associĂ©e au texte du Zhoubi suanjing et formĂ©e dâun triangle 3 - 4 - 5 dans laquelle on peut lire de nombreuses relations liant les trois cĂŽtĂ©s du triangle rectangle. Elle interprĂšte le commentaire de Liu Hui comme une nouvelle lecture de la figure fondamentale avec dĂ©placement des 3 piĂšces 1 - 2 - 3 de lâextĂ©rieur du carrĂ© dans le carrĂ© de lâhypotĂ©nuse.
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cÂČ = 4 (ab)/2 +(b - a)ÂČ ou bien aussi (a + b)ÂČ - 4(ab)/2 = cÂČ |
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Quant Ă Li Jimin[12], il attribue au Zhoubi Suanjian la paternitĂ© de la premiĂšre dĂ©monstration, il sâappuie lui aussi sur la figure fondamentale et fait pivoter les triangles (1-2) et 3 sur leur pointe pour les installer dans le carrĂ© de lâhypotĂ©nuse.

Pour un triangle rectangle donnĂ©, il est possible de lâinscrire en quatre exemplaires dans les coins dâun carrĂ© dont le cĂŽtĂ© a pour longueur la somme des longueurs des cathĂštes. Les quatre hypotĂ©nuses forment alors un carrĂ©, par Ă©galitĂ© de longueur et sachant que chacun de ses angles est supplĂ©mentaire des deux angles aigus du triangle.
Avec les notations usuelles, lâaire totale du grand carrĂ© vaut donc (a + b)2 et lâaire du carrĂ© intĂ©rieur vaut c2. La diffĂ©rence est constituĂ©e par quatre triangle dâaire (ab / 2) chacun.
La relation algĂ©brique sâĂ©crit alors (a + b)2 = 4(ab / 2) + c2, câest-Ă -dire a2 + 2ab + b2 = 2ab + c2, ce qui revient Ă a2 + b2 = c2.
Avec une deuxiĂšme figure inscrite dans le mĂȘme grand carrĂ©, les deux carrĂ©s formĂ©s sur les cĂŽtĂ©s du triangle rectangle sâobtiennent eux aussi par soustraction de quatre copies du triangle initial.
Il nây a pas trace de la dĂ©monstration quâaurait conçue Pythagore et les historiens envisagent deux types de dĂ©monstrations : ou bien une dĂ©monstration fondĂ©e sur un dĂ©coupage comme celui de Gougu ou une dĂ©monstration utilisant les proportionnalitĂ©s des triangles dĂ©coupĂ©s par la hauteur issue de lâangle droit[13].
Si H est le pied de la hauteur issue de C, les triangles CAB, HAC et HCB sont semblables (par Ă©galitĂ©s des angles). Le rapport de similitude entre les triangles HAC et CAB est le rapport des hypotĂ©nuses AC/AB, de mĂȘme le rapport de la similitude entre les triangles HCB et CAB est CB/AB. Le rapport des aires est alors Ă©gal au carrĂ© du rapport de la similitude, soit : et
.
Comme dâautre part la somme des aires des triangles HAC et HCB donne lâaire du triangle CAB, on peut Ă©crire : . Soit encore : AC2 + BC2 = AB2.CQFD
On peut Ă©galement proposer une variante plus Ă©lĂ©mentaire de cette dĂ©monstration afin de sâaffranchir de la notion dâaire : Le rapport de similitude entre les triangles HAC et CAB implique soit
. De mĂȘme, le rapport de similitude entre les triangles HCB et CAB implique
soit
en additionnant, il vient
. CQFD
Cette démonstration est à rapprocher de celle du théorÚme de Ptolémée en prenant un rectangle comme quadrilatÚre.
Dans le plan muni dâun repĂšre orthonormĂ©, les vecteurs portĂ©s par les cĂŽtĂ©s dâun triangle ABC vĂ©rifient la relation de Chasles :
donc par bilinéarité du produit scalaire, il vient :
donc la relation du thĂ©orĂšme est Ă©quivalente Ă lâannulation du dernier produit scalaire, ce qui correspond prĂ©cisĂ©ment au cas oĂč les vecteurs sont orthogonaux, autrement dit lorsque les cĂŽtĂ©s [AC] et [BC] forment un angle droit.
Le thĂ©orĂšme d'Al-Kashi donne une formule faisant intervenir les longueurs des cĂŽtĂ©s et le cosinus dâun angle. Lâangle de mesure Îł, le cĂŽtĂ© opposĂ© de longueur c et les deux autres cĂŽtĂ©s de longueurs respectives a et b sont reliĂ©s par la relation :
Si lâangle Îł est droit, son cosinus est nul et la formule se rĂ©duit Ă la relation du thĂ©orĂšme de Pythagore.
Cette formule est liĂ©e Ă la bilinĂ©aritĂ© du produit scalaire. Elle permet de traiter des problĂšmes de calcul dâangles et de distances avec les autres relations mĂ©triques du triangle donnĂ©es par le thĂ©orĂšme de la mĂ©diane, la formule de lâaire et la loi des sinus.
Euclide mentionne dans les ĂlĂ©ments[4] (proposition 31 du livre VI) :
Dans les triangles rectangles, la figure construite sur lâhypotĂ©nuse est Ă©quivalente Ă la somme des figures semblables et semblablement construites sur les cĂŽtĂ©s qui comprennent lâangle droit.
En appliquant cette gĂ©nĂ©ralisation Ă des demi-disques formĂ©s sur chaque cĂŽtĂ© dâun triangle rectangle, il en dĂ©coule le thĂ©orĂšme des deux lunules, selon lequel lâaire du triangle rectangle est Ă©gale Ă la somme des aires des lunules dessinĂ©es sur chaque cĂŽtĂ© de lâangle droit.
Le théorÚme de Clairaut est une autre généralisation, valable sur un triangle quelconque, sur les cÎtés desquels sont construits des parallélogrammes.
LâhypotĂ©nuse dâun triangle rectangle pouvant se concevoir comme la diagonale dâun rectangle, une gĂ©nĂ©ralisation du thĂ©orĂšme en dimension supĂ©rieure peut sâĂ©noncer comme suit :
Ce rĂ©sultat est Ă©quivalent au calcul de la longueur dâun segment Ă partir des coordonnĂ©es cartĂ©siennes de ses extrĂ©mitĂ©s dans un repĂšre orthonormĂ© :
ou, en dimension supérieure, si A est de coordonnées (xi) et B de coordonnées (x'i) :
Cette derniĂšre formule est encore valable dans un espace de Hilbert de dimension infinie et aboutit notamment Ă la formule de Parseval.
Le thĂ©orĂšme de Gua donne une autre gĂ©nĂ©ralisation du thĂ©orĂšme de Pythagore dans un espace euclidien : si un tĂ©traĂšdre a toutes ses arĂȘtes orthogonales en un sommet alors le carrĂ© de lâaire de la face opposĂ©e au coin est la somme des carrĂ©s des aires des trois autres faces.
Le thĂ©orĂšme de Pythagore est Ă©quivalent Ă l'axiome des parallĂšles, qui peut ĂȘtre rĂ©digĂ© ainsi :
Axiome des parallĂšles â Par un point, il passe une et une seule droite parallĂšle Ă une droite donnĂ©e.
Cela signifie que, dans les axiomes de la gĂ©omĂ©trie euclidienne, on peut remplacer l'« axiome » des parallĂšles par le « thĂ©orĂšme » de Pythagore sans que les autres rĂ©sultats de la gĂ©omĂ©trie soient modifiĂ©s. Les statuts d'axiome et de thĂ©orĂšme de ces deux rĂ©sultats sont alors inversĂ©s : le « thĂ©orĂšme » de Pythagore devient un axiome (une vĂ©ritĂ© de base, indĂ©montrable, sur laquelle s'appuie la thĂ©orie) et l'« axiome » des parallĂšles devient un thĂ©orĂšme, qui peut ĂȘtre dĂ©montrĂ© Ă l'aide de Pythagore.
Dans d'autres géométries, l'axiome des parallÚles est remplacé par un autre, et le théorÚme de Pythagore n'est donc plus vrai.
En gĂ©omĂ©trie sphĂ©rique, si un triangle est formĂ© par trois arcs de grands cercles Ă la surface dâune sphĂšre de rayon R et si deux de ces arcs se croisent Ă angle droit, la relation du thĂ©orĂšme de Pythagore nâest plus valable, comme dans le cas du triangle Ă©quilatĂ©ral trirectangle. Elle doit ĂȘtre remplacĂ©e par la formule :
oĂč c est la longueur de lâarc opposĂ© Ă lâangle droit.
Une relation similaire existe en gĂ©omĂ©trie hyperbolique pour une courbure constante Ă©gale Ă â1 :
oĂč ch dĂ©signe la fonction cosinus hyperbolique.
Dans les deux cas, un dĂ©veloppement limitĂ© Ă lâordre 2 redonne, pour des triangles de faible dimension, la relation du thĂ©orĂšme de Pythagore en gĂ©omĂ©trie plane.
Plus gĂ©nĂ©ralement, la propriĂ©tĂ© rĂ©siste mal au transfert dans dâautres gĂ©omĂ©tries Ă cause de leur courbure :
Dans le cadre de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale, lâespace euclidien est remplacĂ© par un espace courbe oĂč les segments sont remplacĂ©s par des gĂ©odĂ©siques. La thĂ©orie de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale soutient que la matiĂšre et lâĂ©nergie conduisent lâespace Ă ĂȘtre non-euclidien et le thĂ©orĂšme ne sâapplique donc pas strictement en prĂ©sence dâĂ©nergie. Cependant, la dĂ©viation par rapport Ă lâespace euclidien est faible sauf auprĂšs dâimposantes sources gravitationnelles comme les trous noirs. DĂ©terminer si le thĂ©orĂšme est enfreint sur dâimportantes Ă©chelles cosmologiques, câest-Ă -dire mesurer la courbure de lâUnivers, est un problĂšme ouvert pour la cosmologie.
Le thĂ©orĂšme de Pythagore est mentionnĂ© dans La PlanĂšte des singes, de Pierre Boulle. Le narrateur, considĂ©rĂ© comme un animal dĂ©pourvu dâintelligence, dĂ©trompe en effet son interlocuteur en traçant une figure gĂ©omĂ©trique qui illustre le thĂ©orĂšme.
Le chansonnier Franc-Nohain a composé un quatrain qui cite le théorÚme[14] :
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Le carrĂ© de lâhypotĂ©nuse |
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