MATHEMATIQUES B
Durée 3h30
L'usage d'une calculatrice est autorisé pour cette épreuve.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Les trois parties du problème sont indépendantes si, pour traiter la partie III, on admet le lemme II. 4.
Objectifs : L'objectif du problème est l'étude de l'efficacité d'un traitement T destiné à éradiquer une population de cellules indésirables. Pour tester T on agit comme suit :
1) On prélève une cellule unique C0 à laquelle on applique T, ce qui a pour effet de partager C0 en un nombre naturel aléatoire D1 de cellule(s) identique(s) à C0 que l'on appelera enfant(s) de C0 ou descendant(s) de première génération de C0 lorsque D1 > 0 ; si D1 = 0 (ce que l'on souhaite), le traitement est terminé.
2) Lorsque C0 a k enfants, avec k 1, on leur applique à chacun le traitement T et leur comportement sera le même que celui de C0 et ceci indépendamment les uns des autres lorsque k > 1.
3) A l'issue de cette deuxième étape, on obtiendra un nombre naturel aléatoire D2 de descendant(s) de deuxième génération. Si D2 = 0 on s'arrête, sinon, on poursuit dans les mêmes conditions et, pour n 1, on notera Dn le nombre de descendants de n-ième génération tant que Dn > 0.
Remarque (*) : les cellules de (n+1)-ième génération de C0 sont celles de n-ième génération des enfants de C0.
Notations : On notera conventionnellement D0 = 1.
On notera pk = P[D1 = k], pour . (pk représente donc pour une cellule quelconque C la probabilité d'avoir k enfants, étant entendu qu'on utilisera la même variable aléatoire pour toutes les cellules sauf en cas d'ambigüité). On supposera bien entendu : 0 < p0 < 1 et on aura On notera , un = P[Dn = 0]. Lorsque lim un = 1, c'est-à-dire lorsqu'avec la probabilité 1 la descendance de C0 s'éteint au bout d'un nombre fini de générations on dira que T est efficace. On désignera par G le nombre aléatoire de générations de descendants de C0. Ainsi :
si C0 n'a pas d'enfant (D1 = 0), alors G = 0 ;
si D1 > 0 et D2 = 0, alors G = 1 ;
si, d'une façon générale, pour un entier p 1, Dp - 1 > 0 et Dp = 0, alors G = p - 1.
On notera E(X) l'espérance d'une variable aléatoire réelle X. Pour deux événements A et B avec P(B) non nul, P[A|B] désignera la probabilité conditionnelle de A sachant B.
I. Un premier exemple
I. 1. La loi de D1 est définie par p0 > 0 et p1 > 0 tels que p0 + p1 = 1.
I. 1. a) Calculer u0 et u1. Montrer que pour tout n 0, Dn ne peut prendre que les valeurs 0 et 1.
I. 1. b) Montrer que s'il existe n > 0 tel que Dn = 0, alors pour tout entier k 0 Dn+k = 0.
I. 2. a) Montrer que , puis, en utilisant la remarque (*) montrer que : .
I. 2. b) En posant vn = 1 - un, montrer que un = 1 - (p1)n et en déduire lim un.
I. 2. c) Montrer que P[G > n] = 1 - un+1 = (p1)n+1 puis que P[G = n] = p0(p1)n et enfin que E(G) = p1/p0.
II. Un deuxième exemple
II. 1. La loi de D1 est définie par p0, p1, p2 avec p0 > 0, p2 > 0 et p0 + p1 + p2 = 1.
II. 1. a) Montrer que pour . On utilisera notamment la remarque (*). En déduire que :
.
II. 2. Soit la fonction de [0 , 1] dans définie par II. 2. a) Vérifier que .
II. 2. b) Représenter le graphe de dans les trois cas suivants : . (On choisira des valeurs simples de p0, p1, p2 pour chaque cas).
II. 2. c) Vérifier par le calcul que
i) pour , le graphe de est au dessus de la première bissectrice ;
ii) pour , le graphe de est tangent à au point I(1 , 1) ;
iii) pour , le graphe de recoupe au point L(p0/p2 , p0/p2).
II. 2. d) Montrer que la suite de terme général un est strictement croissante et majorée par : min(p0/p2 ; 1).
II. 2. e) En déduire la limite de la suite de terme général un dans les différents cas envisagés. Déterminer une condition nécessaire et suffisante pour que le traitement soit efficace (c'est-à-dire ).
II. 3. Examen des différents cas.
II. 3. a) Cas où Démontrer que pour tout entier naturel n, , puis que .
II. 3. b) On s'intéresse au cas où .
Montrer que : En déduire que : puis que II. 3. c) Montrer que et que P[G > n] = 1 - un+1 = P[Dn+1 0].
II. 4. Lemme : soit X une variable aléatoire à valeurs dans ayant une espérance E(X).
II. 4. 1. Montrer que : .
On pourra utiliser : .
II. 4. 2. Montrer que pour tout où est le reste de la série convergente dont la somme est .
II. 4. 3. En déduire que tend vers 0 lorsque N tend vers l'infini, puis que .
II. 5. Déduire de ce qui précède que :
- si , alors ;
- si , alors G n'a pas d'espérance (on utilisera le fait que la série de terme général est divergente).
III. Etude du cas où D1 prend une infinité de valeurs
III. 1. Soit D1 une variable aléatoire définie par : pour tout entier naturel k, , où .
III. 1. a) Montrer que, pour tout entier naturel k, , puis que :
III. 1. b) Etudier la fonction g définie par : et vérifier les propriétés suivantes de g : g > 0, g' > 0, g" > 0, g(1) = 1, et g'(1) = q/p.
III. 1. c) Montrer que dans , l'équation admet les deux solutions 1 et p/q. En déduire que la limite éventuelle de un ne peut être que 1 ou p/q.
III. 1. d) Montrer que (un) est une suite croissante qui converge vers min(1 ; p/q).
III. 2. Expression de un en fonction de n.
III. 2. a) On suppose ici que p q. On pose : . Montrer que : ,
puis que : et retrouver ainsi le résultat de 1. d).
III. 2. b) On suppose que p = q = 1/2. Montrer que : . On pose .
Exprimer wn+1 en fonction de wn. En déduire que wn = n + 1, puis que : , et retrouver ainsi le résultat de 1. d).
III. 2. c) Calculer E(D1), vérifier qu'elle est égale à g'(1) et montrer que T est efficace ssi E(D1) 1.
III. 2. d) On suppose g'(1) < 1. Calculer 1 - un et montrer que : .
En déduire que : III. 2. e) On suppose g'(1) = 1 (p = q). Montrer que et en déduire que G n'a pas d'espérance.