Nombre de Fermat : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Un nombre de Fermat est un entier naturel qui peut s'Ă©crire sous la forme 22n + 1, avec n entier. Le ne nombre de Fermat, 22n + 1, est notĂ© Fn.
Ces nombres doivent leur nom au mathématicien français Pierre de Fermat (1601-1665) qui émit la conjecture que tous ces nombres étaient premiers. Cette conjecture se révéla fausse, F5 étant composé, de même que tous les nombres de Fermat jusqu'à F32. On ne sait pas si les nombres à partir de F33 sont premiers ou composés. Les seuls nombres de Fermat premiers connus sont donc F0, F1, F2, F3 et F4.
Ces nombres disposent de propriétés intéressantes, en général issues de l'arithmétique modulaire ; en particulier, Carl Friedrich Gauss a établi un lien entre ces nombres et la construction à la règle et au compas des polygones réguliers : un polygone régulier à n côtés peut être construit à la règle et au compas si et seulement si n est une puissance de 2, ou le produit d'une puissance de 2 et de nombres de Fermat premiers distincts.
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En 1640, dans une lettre adressée à Bernard Frénicle de Bessy, Pierre de Fermat énonce, et probablement démontre son petit théorème : « Et cette proposition est généralement vraie en toutes progressions et en tous nombres premiers ; de quoi je vous envoierois la démonstration, si je n'appréhendois d'être trop long »[1]. Ce théorème lui permet d'étudier les nombres portant maintenant son nom. Dans cette même lettre[2], il émet la conjecture que ces nombres sont tous premiers sans parvenir à trouver une preuve « je n'ai pu encore démontrer nécessairement la vérité de cette proposition ». Cette hypothèse le fascine, deux mois plus tard, dans une lettre à Marin Mersenne, il écrit : « Si je puis une fois tenir la raison fondamentale que 3, 5, 17, etc. sont nombres premiers, il me semble que je trouverai de très belles choses en cette matière, car j'ai déjà trouvé des choses merveilleuses dont je vous ferai part »[3]. Il écrit encore à Blaise Pascal : « je ne vous demanderais pas de travailler à cette question si j'avais pu la résoudre moi-même ». Dans une lettre à Kenelm Digby, non datée mais envoyée par Digby à John Wallis le 16 juin 1658, Fermat donne encore sa conjecture[4] comme non démontrée[5]. Toutefois, dans une lettre de 1659 à Pierre de Carcavi[6], il s'exprime en des termes qui, selon certains auteurs, impliquent qu'il estime avoir trouvé une démonstration[7].
Cette conjecture se révèlera fausse, c'est d'ailleurs la seule conjecture erronée de Fermat. Leonhard Euler présente[8] un diviseur de F5 en 1732. Il ne dévoile la construction de sa preuve[9] que quinze ans plus tard. Elle correspond exactement aux travaux de Fermat lui ayant permis de démontrer[10] en 1640 la non primalité des candidats de paramètres 23 et 37 pour les nombres de Mersenne.[réf. insuffisante]
La suite des nombres de Fermat possède plusieurs relations de récurrence. On peut citer par exemple si n est supérieur ou égal à 2 :
Ou encore, avec des produits de nombres de Fermat :
On en déduit le théorème de Goldbach[11] affirmant que :
Soit D(n, b) le nombre de chiffres utilisés pour écrire Fn en base b.
Les crochets désignent la fonction partie entière et logb le logarithme de base b.
En effet :
Une récurrence et l'égalité suivante permet de calculer le premier produit :
La seconde égalité s'en déduit :
Soit n et m deux entiers positifs tel que n est strictement plus grand que m. Montrons que le seul facteur commun à Fn et Fm est 1. Un calcul précédent montre que :
Donc un diviseur commun Ă Fn et Fm est aussi un diviseur de 2. Or 2 ne divise pas Fn, ces trois entiers sont donc premiers entre eux deux Ă deux.
Il suffit de remarquer que le nombre de chiffres nécessaire pour écrire un entier a en base b est égal à la partie entière de logb(a).
La raison historique de l'étude des nombres de Fermat est la recherche de nombres premiers. Fermat connaissait déjà la proposition suivante :
Il existe deux entiers a et b tel que k = a . 2b où a est un entier impair et b un entier. En posant c=2(2b), on dispose alors des égalités suivantes :
qui montre que 1 + c est un diviseur du nombre premier 1 + 2k et donc lui est égal, si bien que k=2b.
Fermat a conjecturé que la réciproque était vraie, il a montré que :
Actuellement, on ne connaît que cinq nombres de Fermat premiers, ceux cités ci-dessus.
On ignore encore s'il en existe d'autres, mais on sait que les nombres de Fermat Fn, pour n entre 5 et 32, sont tous composés ; F33 est le plus petit nombre de Fermat dont on ne sait pas s'il est premier ou composé.
À la date du 22 juin 2011, le plus grand nombre de Fermat dont on sait qu'il est composé est F2 543 548[13]
Euler utilise une méthode de Fermat pour démontrer que F5 n'est pas premier. Il démontre pour cela trois propositions :
Le cas général est un problème difficile du fait de la taille des entiers Fn, même pour des valeurs relativement faibles de n. Aujourd'hui, le plus grand nombre de Fermat dont on connaisse la factorisation complète est F11[14], dont le plus grand des cinq diviseurs premiers a 560 chiffres (la factorisation complète de Fn, pour n entre 5 et 10, est, elle aussi, entièrement connue). En ce qui concerne F12, on sait qu'il est composé mais c'est, à la date du 27 mars 2010, le plus petit nombre de Fermat dont on ne connaisse pas la factorisation complète[15]. Quant à F20, c'est, à la date du 3 février 2010, le plus petit nombre de Fermat composé dont on ne connaisse aucun diviseur premier[16]
Fn est congru à zéro modulo p. On en déduit que 22n est congru à -1 modulo p et 22n+1 à 1 modulo p.
Montrons que l'ordre multiplicatif de 2 est 2n+1 dans l'anneau Z/pZ. Soit m l'ordre multiplicatif de 2, m est un diviseur de 2n+1, donc il existe un entier θ tel que m = 2θ. L'entier 22θ est congru à un modulo p donc si h est un entier strictement supérieur à θ, 22h est aussi congru à un modulo p, si θ est strictement plus petit que n + 1 alors 22n est congru à un modulo p ce qui est faux car nous avons montré qu'il est congru à -1.
De plus, le petit théorème de Fermat montre que 2p-1 est congru à un modulo p. Ce résultat et le fait que l'ordre multiplicatif de 2 est 2n+1 dans Z/pZ montre que p - 1 est un multiple de 2n+1. Ce qui termine la démonstration.
Si k est une puissance de deux, alors p est un nombre premier de Fermat différent de Fn, or les nombres de Fermat n'ont pas de facteur commun. Cette remarque termine la démonstration.
Un diviseur premier de F5 est de la forme 64.k + 1. Les valeurs de k possibles sont 3, 5, 6, 7, 9, 10 ... Les valeurs 5 et 6 ne correspondent pas à des nombres premiers, les valeurs à tester sont donc 193, 449, 557 et 641. Euler limite donc l'étude à quatre cas au lieu de plus d'une centaine. Etudions le cas où k est égal à 10.
Ce qui montre que 232 + 1 est congru à zéro modulo 641 et la proposition est démontrée.
Gauss et Wantzel ont établi un lien entre ces nombres et la construction à la règle et au compas des polygones réguliers : un polygone régulier à n côtés est constructible si et seulement si n est le produit d'une puissance de 2 (éventuellement égale à 20=1) et d'un nombre fini (éventuellement nul) de nombres de Fermat premiers distincts.
Par exemple, le pentagone régulier est constructible à la règle et au compas puisque 5 est un nombre de Fermat premier ; de même, un polygone à 340 côtés est constructible à la règle et au compas puisque 340 = 22.F1.F2.
Il est possible de généraliser une partie des résultats obtenus pour les nombres de Fermat.
Pour que m = ab + 1 soit premier, a doit ĂŞtre pair (a = 2k) et b une puissance de 2 (b = 2n).
On appelle ces nombres les nombres de Fermat généralisés.
Ĺ’uvres de Fermat, t. 2, Paris, Gauthier-Villars, 1894 [lire en ligne]
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