Théorème de Taylor : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En analyse, le thĂ©orĂšme de Taylor, du nom du mathĂ©maticien Brook Taylor qui l'Ă©tablit en 1715[1], montre qu'une fonction plusieurs fois dĂ©rivable au voisinage d'un point peut ĂȘtre approximĂ©e par une fonction polynĂŽme dont les coefficients dĂ©pendent uniquement des dĂ©rivĂ©es de la fonction en ce point.
De maniÚre plus précise, soit :
Alors, pour tout x dans I, lâexpression
ou son équivalent
dĂ©finit un reste dont le comportement sâapparente au monĂŽme (x â a)n + 1.
En présentant cette formule, Taylor propose une méthode de développement en série[2], mais il se préoccupe peu de la nature du reste ; il faut attendre ses successeurs pour la caractériser rigoureusement. On désigne cependant par théorÚme de Taylor plusieurs résultats et expressions pour découlant du cadre ci-dessus, parfois renforcé par quelques hypothÚses supplémentaires.
Sommaire |
La fonction Δ(x) dĂ©finie sur I â {a} par la relation
satisfait .
Remarque: Il peut ĂȘtre commode d'Ă©tendre la dĂ©finition de la fonction Δ par continuitĂ© en a en posant Δ(a) = 0.
Si la fonction f est Ă valeurs rĂ©elles et quâelle est dĂ©rivable sur I jusquâĂ lâordre n + 1, alors il existe un nombre Ο strictement compris entre a et x tel que
Cette relation sâappelle Ă©galement forme de Lagrange.
La relation substitutive oĂč 0 < Ξ < 1 prĂ©sente l'avantage de ne pas dĂ©pendre du signe de (x â a).
Sâil existe M tel que pour tout y dans I, alors
C'est notamment le cas pour les fonctions de classe sur [a,x].
Si la fonction f est continĂ»ment dĂ©rivable sur I jusquâĂ lâordre n + 1, alors
La formule se vérifie par récurrence sur n.
Si f est de classe sur [a,x], le théorÚme fondamental de l'analyse affirme
et câest prĂ©cisĂ©ment la formule correspondant Ă n = 0.
Si la formule est vraie pour n et f de classe sur [a,x], une intégration par parties conduit à la relation
Par hypothÚse de récurrence
ce qui implique
Par conséquent
et la formule est Ă©galement vraie pour n + 1.â
Soit donc la fonction f définie sur un intervalle réel I à valeurs dans un espace normé E et n fois dérivable en (
). La formule exprime donc qu'il existe une fonction Δ de I dans E vérifiant
telle que
Remarquons d'abord que l'existence de la dĂ©rivĂ©e n-iĂšme en a entraĂźne qu'il existe un voisinage convexe de a dans I (par exemple une boule ouverte de centre a dans I) dans lequel f est n â 1 fois dĂ©rivable.
Remarquons par ailleurs que dans notre définition Δ est définie sur I (et non sur comme c'est souvent le cas). On a ici nécessairement Δ(a) = 0.
La formule se démontre par récurrence.
La formule se vérifie par récurrence sur n.
Considérons un voisinage V de a dans lequel x évolue librement.
Cas n = 0 :
Par continuité de f en a : . Ainsi
Cas :
Soit avec
.
On a bien
Introduisons la fonction g(x) de classe sur V et définie par
g(x) satisfait les deux propriétés :
La validitĂ© pour n â 1 de la formule de Taylor avec reste intĂ©gral implique
Dâautre part
Par continuité de g(n), pour tout , il existe un voisinage W de a tel que
Finalement
c'est-Ă -dire et
â
La formule de Taylor-Lagrange est une conséquence directe du théorÚme de Rolle.
Pour tout x dans I, on introduit la fonction définie par
oĂč c est choisi de sorte que g(a) = 0, c'est-Ă -dire :
Puisque g(a) = g(x) = 0, le thĂ©orĂšme de Rolle affirme quâil existe Ο entre a et x tel que g'(Ο) = 0.
Puisque
il vient
qui implique
Câest prĂ©cisĂ©ment la formule Ă montrer.â
Il existe des formules analogues pour des fonctions n fois diffĂ©rentiables en un point a dâun domaine Ă valeurs dans
(et mĂȘme Ă valeurs dans
). Cependant, les coefficients multinomiaux qui interviennent rendent l'expression assez lourde.
ConsidĂ©rons une boule ouverte B de (gĂ©nĂ©ralisation de lâintervalle I) centrĂ©e en a et f une fonction Ă valeurs rĂ©elles dĂ©finie sur l'adhĂ©rence
, possédant des dérivées partielles d'ordre n + 1 continues en chaque point. Alors, pour tout
:
oĂč les sommes portent sur les multi-indices α (cette formule utilise les notations multi-indicĂ©es dĂ©crites dans l'article multi-indice), et oĂč le reste vĂ©rifie l'inĂ©galitĂ©
pour tous les α tels que |α| = n + 1.
En particulier, pour une fonction f deux fois différentiable en à valeur dans
, on peut écrire pour tout
:
oĂč est le gradient de f et
est sa matrice hessienne évaluée en a.
Soit une fonction f deux fois différentiable en (a,b) à valeur dans , alors pour tout
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