Chiffres arabes : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.| Numérations selon les cultures | |
|---|---|
| Numération arabo-indienne | |
| arabe khmer indienne |
mongole thaï |
| Numérations à l’origine chinoise | |
| chinoise japonaise |
à bâtons suzhou |
| Numérations alphabétiques | |
| arménienne cyrillique d'Âryabhata éthiopienne |
hébraïque grecque tchouvache |
| Autres systèmes : | |
| attique brahmi champs d'urnes colombienne égyptienne étrusque |
forestière inuite maya mésopotamienne romaine |
| Notations positionnelles par base | |
| Décimal (10) | |
| 2, 4, 8, 16, 32, 64 | |
| 1, 3, 6, 9, 12, 20, 24, 30, 36, 60, plus… | |
Les chiffres arabes sont les dix chiffres (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0) et le système d'écriture décimale positionnelle qui les accompagne. Ils sont été inventés en Inde, empruntés par la civilisation arabo-musulmane à partir du IXe siècle puis peu à peu transmis à l'Occident médiéval où ils ont mis plusieurs siècles à s'imposer. Les chiffres arabes ont progressivement remplacé les chiffres romains et se sont graduellement imposés dans le monde entier parce qu’ils permettent une notation très aisée dans le système décimal utilisé en Occident et facilitent les opérations simples sur les grands nombres et les opérations complexes.
Sommaire |
La diffusion des chiffres arabes en Occident est le fait de Gerbert d'Aurillac (940–1003), le futur pape Sylvestre II, qui a étudié au monastère de Vich, en Catalogne, s'initiant aux sciences et techniques islamiques, étudiant les mathématiques et l'astronomie. Il écrit un ouvrage sur la division, Libellus de numerorum divisione, Regulae de divisionibus, où Gerbert invente une méthode de division euclidienne qui sera rapportée par Bernelin de Paris, un de ses élèves ; et un traité concernant les multiplications, Libellus multiplicationum, qui prescrit l'antique multiplication par les doigts (calcul digital). Il est aussi à l'origine d'un abaque, l’abaque de Gerbert où les jetons multiples sont remplacés par un jeton unique portant comme étiquette un chiffre arabe : les sept jetons de la colonne unité sont remplacés par un jeton portant le numéro 7, les trois jetons de la colonne dizaine par un jeton portant le chiffre 3, etc. Selon Jacques Halbronn (Mathématiques Divinatoires, Paris, La Grande Conjonction -Trédaniel, 1983), il conviendrait de rapprocher la graphie de ces chiffres de la cursive hébraïque, notamment les lettres Daleth, Tsadé, Samekh,,Vav, Zayin pour le 2, le 3, le 0, le 1 et le 5; dont dérivent les cinq autres par l'adjonction d'un trait: 4, 9, 8, 7 et 6.
Leonardo Pisano, plus connu sous le nom de Fibonacci, fortement influencé par sa vie dans les pays arabes, publie, en 1202, le Liber Abaci (Le Livres des calculs), un traité sur les calculs et la comptabilité fondée sur le calcul décimal. Après Gerbert d’Aurillac, c’est le second ouvrage important de vulgarisation des chiffres arabes en Occident.
Comme beaucoup de solutions simples, utiles et ingénieuses, la diffusion des chiffres arabes se heurte à l'obscurantisme. À Florence (Italie), il est interdit aux marchands d'y avoir recours dans les contrats et les documents officiels[1] puis, en 1299, ils sont partout interdit, y compris dans la comptabilité privée des banquiers et marchands florentins[2]. Tant que les opérations restent simples, l'abaque pour le calcul et les chiffres romains pour la représentations graphique suffisent. À partir de la Renaissance, avec le développement exponentiel du commerce et celui des sciences, en particulier de l'astronomie mais aussi de la balistique, la nécessité d'un système de calcul puissant et rapide s'impose : les chiffres arabes écartent définitivement leurs prédécesseurs romains et leur tracé définitif est attesté dès le XVe siècle.
Le mot chiffre, utilisé d'abord pour signifier le zéro, vient de l'arabe ØµÙØ± (á¹£ifr), signifiant « vide » ; 0 vient de la premiere lettre de ce mot arabe. Le mot zéro a le même étymon arabe, mais sous la forme que lui donnaient les Italiens au XVe siècle, soit zefiro puis zero.
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Clavier téléphonique en Égypte : chaque chiffre est indiqué à la fois en graphie arabe et en graphie occidentale. |
Présentation d'un numéro de téléphone avec la numération utilisée en Europe et la numération utilisée en Égypte. |
Généalogie des numérations brahmi, gwalior, sanskrit-dévanagari et arabes (1935). |
La graphie des chiffres arabes « occidentaux » diffère de leurs ainés arabes proprement dits et des originaux indiens.
Voici une comparaison rapide entre les tracés actuels des chiffres arabes par rapport aux chiffres que certains pays arabes utilisent aujourd'hui (chiffres hindî) et les chiffres tels que tracés dans plusieurs écritures indiennes.
Les pays du Maghreb utilisent uniquement les tracés modernes, contrairement au pays du Machreq (ou Moyen-Orient) qui utilisent les deux. Ce type de tracé européen a d’ailleurs été probablement inventé au Maghreb, probablement dans al-Andalus.
Le développement des chiffres décimaux dans l'Europe jusqu'au XVIIIe siècle est montré dans l'illustration ci-dessous de J. E. Montucla, qui fut publiée 1758 dans son Histoire de la mathématique :
Exemples de numérotation « bilingue » selon HR 4 Europe :
| Série Alphabet arabe |
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Phonologie de l'arabe · Histoire de l'alphabet arabe |
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