Critère de divisibilité : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathĂ©matiques et plus prĂ©cisĂ©ment en arithmĂ©tique modulaire, un critère de divisibilitĂ© est une particularitĂ© d'un entier permettant de dĂ©terminer si ce nombre est divisible par un autre. MalgrĂ© leur apparence de « recette de cuisine » (voir la liste de critères de divisibilitĂ©), les critères de divisibilitĂ© sont basĂ©s sur des dĂ©monstrations mathĂ©matiques ; il est possible d'en trouver pour n'importe quel nombre grâce aux congruences.
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Pour chercher un critère de divisibilité du nombre p en base 10, il suffit de chercher un multiple de p ayant une différence de 1 avec un multiple de 10, noté 10k.
Il suffit alors de multiplier le chiffre des unités par cet entier k et de l'ôter du nombre de dizaines. Par exemple pour 7485 et la divisibilité par 7, on retranche 2 × 5 à 748 et on recommence avec le résultat ainsi formé. Le nombre initial sera un multiple de p si et seulement si le nombre final est un multiple de p (voir démonstration plus bas)
Exemples :
Avant d'aborder la méthode générale, sont présentées ici quelques critères de divisibilité qui illustrent les techniques utilisées. Une liste très complète des critères de divisibilité figurent dans l'article liste de critères de divisibilité .
On aborde les démonstrations dans car un entier relatif a les mêmes diviseurs que sa valeur absolue.
Ci-dessous sont expliquées les notations utilisées dans le reste de l'article.
Soit un entier naturel.
On pose , c'est-Ă -dire que
est le chiffre des unités,
est le chiffre des dizaines, etc.
d'oĂą
Un nombre est divisible par 2 si et seulement si son chiffre des unités est 0;2;4;6;8.
10B est toujours multiple de 2 donc A est multiple de 2 si et seulement si est multiple de 2.
Un nombre est divisible par 3 si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 3.
Soit A un entier naturel divisible par 3.
Conclusion : Un nombre est divisible par 3 si et seulement si la somme des chiffres de ce nombre est divisible par 3.
Remarque, par une démonstration analogue, on démontre aussi qu'un nombre est divisible par 9 si la somme de ses chiffres est divisible par 9. (puisque )
Un nombre est divisible par 7 si et seulement si le résultat de la soustraction du nombre de dizaines (à ne pas confondre avec chiffre des dizaines) par le double du chiffre des unités est multiple de 7.
nombre des dizaines : 27 ; chiffre des unités : 3
27–(2×3)=27–6=21 est divisible par 7, donc 273 l'est aussi.
Soient A un entier naturel, d son nombre de dizaines et u son chiffre des unités : A=(d×10)+u.
Posons B=d–(2×u) et montrons (en utilisant que 21 est multiple de 7), que A est divisible par 7 si et seulement si B l'est.
A=(10Ă—B)+(21Ă—u) donc si B est divisible par 7 alors A aussi.
B=(–2×A)+(21×d) donc si A est divisible par 7 alors B aussi.
En utilisant la clé de divisibilité : 1, 3, 2, 6, 4, 5. Celle-ci s'obtient avec les restes de la division de 1,10,100, ... par 7. Elle est aussi valable pour tous les autres diviseurs.
On multiplie par le chiffre correspondant de la clé chaque chiffre du nombre à analyser en commencant par les unités.
De manière générale, pour déterminer si un nombre A est divisible par d, on procède en plusieurs étapes
A est divisible par si et seulement si le nombre formé par les q premiers chiffres (en partant de l'unité) est divisible par
Exemple:
Démonstration
A est divisible par si et seulement si le nombre formé par les p premiers chiffres (en partant de l'unité) est divisible par
Exemple:
Démonstration
Puisque d' est premier avec 10, il existe un entier k tel que . C'est l'application du théorème de Bachet-Bézout. Alors le nombre A sera divisible par d' si et seulement si le nombre
est multiple de d'
Démonstration
Exemple
Cette méthode a l'avantage de se terminer au bout de n étapes si le nombre est de l'ordre de . On peut raccourcir ce travail pour les très grands nombres en cherchant le plus petit entier m tel que
. Cet entier existe dès que d' est premier. On découpe alors le nombre A par tranches de m chiffres, on ajoute entre eux les nombres issus de ce découpage, on obtient ainsi un nombre B dont l'ordre de grandeur est voisin de
. A sera divisible par d' si et seulement si B l'est.
Exemple: donc pour la divibilité par 7, on découpera en tranches de 6.
In fine, on peut trouver de cette manière pour chaque nombre d un critère de divisibilité par d. Il faut d'abord remarquer qu'un critère général, manipulable algorithmiquement, préexiste : pour savoir si un nombre A est divisible par d, il suffit de calculer la division euclidienne de A par d, et de tester l'annulation du reste. Un tel calcul s'effectue en un nombre d'opérations contrôlé par le nombre de chiffres de A (complexité linéaire).
Les algorithmes présentés ici sont en fait précisément des variantes de cet algorithme général : on a vu en effet qu'on les obtient via un calcul modulaire, qui repose sur la notion de division euclidienne. Leur complexité est à nouveau linéaire : en effet, à chaque étape de calcul, on est ramené à tester la division par d d'un nombre ayant un chiffre de moins que le nombre précédent, et le nombre d'étapes total sera encore de l'ordre du nombre de chiffres du nombre A initial. Pour un calcul à la main en base 10, du moins pour les petites diviseurs d, ces méthodes ont un avantage, par rapport à la méthode générale par division euclidienne : on évite les calculs intermédiaires de division.
Il faut toutefois noter que ces méthodes ne fournissent qu'un critère de divisibilité, alors que la méthode générale est plus précise et fournit quotient et reste.
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