Matrice définie positive : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En algèbre linéaire, la notion de matrice définie positive est analogue à celle de nombre réel strictement positif : une matrice définie positive est une matrice positive inversible.
On introduit tout d'abord les notations suivantes ; si a est une matrice à éléments réels ou complexes :
On rappelle que :
Sommaire |
Soit M une matrice symétrique réelle d'ordre n. Elle est dite définie positive si elle vérifie l'une des 3 propriétés équivalentes suivantes :
| 1. | Pour toute matrice colonne non nulle
(autrement dit, la forme quadratique définie par |
| 2. | Toutes les valeurs propres de M sont strictement positives, c'est-Ã -dire :
|
| 3. | La forme bilinéaire symétrique définie par la relation
est un produit scalaire sur |
Une matrice symétrique réelle est dite définie négative si son opposée (symétrique elle aussi) est définie positive.
La propriété 1 signifie que M définit sur une forme quadratique définie positive, la propriété 2 que sur
, vu comme espace euclidien avec le produit scalaire
, M définit un opérateur auto-adjoint positif. L'équivalence entre 1 et 2 vient de cette double interprétation, à la lumière de la réduction de Gauss et du théorème spectral. Si 1 est vraie, sachant que les valeurs propres d'une matrice symétrique réelle sont réelles, on voit en appliquant 1 aux vecteurs propres que les valeurs propres sont strictement positives. Si 2 est vraie, il existe une matrice orthogonale
telle que
soit diagonale (parce que
est symétrique réelle) à coefficients diagonaux strictement positifs (c'est l'hypothèse 2 sur les valeurs propres). Mais comme Q − 1 = tQ, la matrice
est aussi congrue à la matrice diagonale en question, donc la forme quadratique
est définie positive.
Pour toute matrice réelle , les matrices symétriques
et
sont positives ; elles sont définies positives si et seulement si
est inversible. Les matrices de Gram donnent un exemple de cette situation.
Plus précisément, c'est un exemple générique, puisque:
Une matrice
est définie positive si et seulement si on peut trouver une matrice
inversible telle que M = tAA, c'est-à -dire si et seulement si elle est congruente à la matrice identité.
La matrice A n'est pas unique. Elle l'est si on impose qu'elle soit elle-même définie positive.
Si M = tAA, alors , et si ce terme est nul, alors
, et si l'on suppose A inversible, alors x est nul.
Inversement, si M est définie positive, elle est diagonalisable avec une matrice de passage P orthogonale (puisque symétrique réelle), la matrice D = tPMP ayant des valeurs propres λi strictement positives. Il suffit de définir la matrice comme étant la matrice diagonale dont les termes diagonaux sont les
, et de poser
, car alors tAA = M. Si l'on veut une matrice définie positive, il suffit de poser plutôt
.
On appelle matrice de Hilbert la matrice (symétrique d'ordre n) , telle que
. Elle est définie positive.
Nota : ceci est un cas particulier d'une propriété des matrices de Gram. La matrice de Gram d'une famille de n vecteurs d'un espace préhilbertien (réel ou complexe) est définie positive si et seulement si la famille est libre.
On étend les propriétés et définitions précédentes aux matrices complexes hermitiennes.
Soit M une matrice hermitienne d'ordre n. Elle est dite définie positive si elle vérifie l'une des 3 propriétés équivalentes suivantes :
| 1. | Pour toute matrice colonne non nulle
|
| 2. | Toutes les valeurs propres de M sont strictement positives, c'est-Ã -dire :
|
| 3. | La forme hermitienne définie par la relation
est un produit scalaire sur |
Une matrice hermitienne est dite définie négative si son opposée (hermitienne elle aussi) est définie positive.
Les propriétés suivantes sont communes aux matrices symétriques réelles et aux matrices complexes hermitiennes.
Cette propriété est utilisée pour la décomposition polaire.
Pour qu'une matrice , réelle symétrique ou complexe hermitienne, soit définie positive, il faut et suffit que les n matrices
aient leur déterminant strictement positif, autrement dit que les n mineurs principaux dominants soient strictement positifs.
Remarque 1. Pour n=2, le critère de Sylvester est essentiellement le critère de positivité du trinôme du second degré.
Remarque 2. Plus généralement, l'indice d'une matrice symétrique réelle est égal au nombre de changements de signes dans la suite de ses n + 1 mineurs principaux (en incluant det(A0) = 1), sous réserve que tous soient non nuls.
Remarque 3. En fait sur un corps (commutatif) quelconque, cette condition de non-nullité des mineurs principaux est une condition nécessaire et suffisante pour qu'il existe une matrice Q triangulaire supérieure telle que tQAQ soit diagonale et de rang maximum (il suffit d'adapter la démonstration qui suit).
Preuve. Notons q la forme quadratique associée à A, définie par .
La condition est nécessaire. On remarque d'abord que si q est définie positive, alors . En effet, par rapport à une base orthogonale pour cette forme quadratique (il en existe, d'après la réduction de Gauss), la matrice de q s'écrit
les
étant tous strictement positifs. Alors
(Q étant la matrice de passage), donc
. Le résultat s'ensuit, en appliquant le même raisonnement à la restriction de q aux sous-espaces
, pour
.
Montrons maintenant que la condition est suffisante. On procède par récurrence sur la dimension. Pour n=0 c'est évident puisqu'en dimension 0 l'ensemble des vecteurs non nuls est vide. Supposons la propriété vraie pour n-1 et notons . Par hypothèse de récurrence,
est définie positive. De plus, q est est non dégénérée (parce que
) donc
Soient e un vecteur non nul de et a = q(e). Alors
et
ont même signe d'après le même argument que dans la première partie (qui met implicitement en jeu le discriminant), or par hypothèse
et
sont strictement positifs. Donc a>0, si bien que la restriction de q Ã
est, elle aussi, définie positive, ce qui montre que q est définie positive.
Dans le cas complexe, la preuve est analogue, en considérant la forme hermitienne définie par la matrice.
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