Superficie : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.L'aire ou la superficie est une mesure d'une surface. Par mĂ©tonymie, on dĂ©signe souvent cette mesure par le terme « surface » lui-mĂȘme (par exemple, on parle de la « surface d'un appartement » alors qu'il faudrait parler de sa superficie). Le terme aire (du bas latin aera, espace plan) est utilisĂ© en mathĂ©matiques, alors que superficie lui est prĂ©fĂ©rĂ© dans les autres domaines.
En pratique, la superficie est utilisĂ©e pour dĂ©terminer les prix d'un appartement, le rendement d'un terrain agricole ou la quantitĂ© de peinture Ă utiliser pour colorer une surface. L'unitĂ© d'aire, dans le systĂšme international d'unitĂ©s est le mĂštre carrĂ© (mÂČ), bien que l'hectare (1 ha = 10 000 mÂČ) lui soit souvent prĂ©fĂ©rĂ© pour les terrains.
La détermination de la surface de terrains agricoles puis de figures abstraites a été à l'origine de la géométrie et un moteur important du développement de cette science et des mathématiques en général.
Du point de vue mathématique, l'aire d'une surface est un nombre réel positif qui répond à des propriétés d'additivité (si on partage une surface, la somme des aires de chaque morceau est égale à la surface initiale) et de conservation par des isométries (déplacer une surface ne modifie pas son aire). L'aire des surfaces complexes est déterminée à l'aide de ces propriétés et du fait que l'aire d'un carré de cÎté 1 est égale à 1 à l'aide d'un raisonnement par découpage, déplacement et collage éventuellement complété par un passage à la limite ou d'autres méthodes, comme le calcul intégral.
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La superficie S d'une surface suit quatre propriétés[1] :
La propriété d'additivité est étendue, par récurrence, à un entier naturel n supérieur à deux quelconque : si A1, A2, ... An sont des surfaces deux à deux disjointes d'aires respectives S(A1), S(A2), ... S(An), alors
ce qui se note plus rigoureusement :
Mais cette propriĂ©tĂ© d'additivitĂ© finie ne suffit pas, ne serait-ce que pour prouver la formule de calcul de l'aire d'un disque (voir plus bas). Elle est donc Ă©tendue Ă une famille infinie dĂ©nombrable de surfaces planes (An)nâ Nâ deux Ă deux disjointes dont les aires sont supposĂ©es connues, avec le rĂ©sultat analogue au prĂ©cĂ©dent :
On parle alors de Ï-additivitĂ©[2] (« sigma-additivitĂ© »).
La figure de base pour le calcul d'une aire est le carré unité, de cÎté 1, suivie du rectangle. à l'aide de l'aire du rectangle, il est possible de déterminer l'aire d'un triangle rectangle (vu comme un demi-rectangle) ou d'un parallélogramme, puis celle d'un triangle et, par suite, d'un polygone quelconque.
La formule de l'aire d'un disque est plus complexe Ă dĂ©montrer : elle nĂ©cessite le passage par une limite de suite. L'idĂ©e d'approcher successivement une surface complexe par une suite de surfaces plus simples (en gĂ©nĂ©ral, des rectangles ou des polygones) est fondamentale. Une surface qui peut ĂȘtre « correctement » approchĂ©e par des rectangles, au point qu'on puisse en dĂ©duire son aire par un calcul de limite est dite quarrable.
Dans certains cas, l'analyse vient au secours de la gĂ©omĂ©trie, lorsque les raisonnements par dĂ©coupage et recollement ne suffisent plus. Certaines aires sont Ă©gales Ă des intĂ©grales qui peuvent parfois ĂȘtre calculĂ©es Ă partir de primitives d'une fonction.
D'autres cas sont plus pathologiques : les mathĂ©maticiens ont Ă©tabli une thĂ©orie de la mesure pour gĂ©nĂ©raliser les rĂ©sultats sur les aires. Pour les fractales, les aires ne sont pas calculables â ou non satisfaisantes. La notion de dimension de Hausdorff gĂ©nĂ©ralise celle d'aire, pour un objet fractal plan.
Ci-dessous sont données les formules de calcul d'aire usuelles les plus courantes[3] et des démonstrations, qui illustrent les raisonnements géométriques souvent utilisés pour résoudre les problÚmes d'aire[4] : « coupé-collé »[5], parfois en imaginant une infinité de découpages par des considérations sur les limites.
Aire d'un rectangle â L'aire d'un rectangle est Ă©gale au produit de sa longueur par sa largeur.
Un rectangle[6] dont la longueur et la largeur sont Ă©gales Ă des nombres entiers m et n peut ĂȘtre vu comme composĂ© de m lignes contenant chacune n carrĂ©s unitĂ©. Son aire est donc Ă©gale Ă m Ă n.
Si les dimensions du rectangle sont des fractions mâp et nâq, on considĂšre qu'on a « dĂ©coupĂ© » le rectangle de dimensions m et n en p parts Ă©gales, puis chacune de ces parts Ă nouveau en q parts Ă©gales. Le rectangle de dimensions m et n contient donc p Ă q fois celui de dimensions mâp et nâq. L'aire de ce dernier rectangle est donc Ă©gale Ă mâp Ă nâq.
Ce rĂ©sultat se gĂ©nĂ©ralise au cas oĂč la longueur et la largeur du rectangle sont des nombres rĂ©els, mais le raisonnement est plus abstrait : il nĂ©cessite un passage Ă la limite, en considĂ©rant que tout nombre rĂ©el est la limite d'une suite de nombres rationnels[7].
Un carrĂ© est un rectangle dont la longueur et la largeur sont Ă©gales Ă un mĂȘme nombre appelĂ© cĂŽtĂ© du carrĂ©. Un carrĂ© de cĂŽtĂ© c possĂšde une aire Ă©gale Ă c Ă c, ce qui se note c2. RĂ©ciproquement, tout nombre de la forme c2 (oĂč c est positif) peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l'aire d'un carrĂ© de cĂŽtĂ© c, ce qui explique que c2 se lit « c au carrĂ© » ou « le carrĂ© de c »[8].
La formule de calcul de l'aire d'un triangle la plus courante est[9] :
Aire d'un triangle â L'aire d'un triangle est Ă©gale Ă la moitiĂ© du produit de sa base par sa hauteur.
Tout triangle rectangle dont les cathĂštes (ou petits cĂŽtĂ©s) mesurent a et b peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme la moitiĂ© d'un rectangle de dimensions a et b partagĂ© en deux par une de ses diagonales. L'aire de ce triangle rectangle est donc Ă©gale Ă .
Plus généralement, tout triangle de hauteur d'un triangle h et de cÎté associé b (dans ce cas, le cÎté est appelé base) est la moitié d'un rectangle de dimensions h et b, ce qui donne la formule classique de calcul d'aire d'un triangle :
D'autres mĂ©thodes permettent de calculer l'aire d'un triangle et, par suite, de tout polygone en utilisant le fait que tout polygone peut ĂȘtre partagĂ© en un nombre fini de triangles[10]. C'est notamment en partageant un polygone rĂ©gulier en triangles dont un sommet est son centre qu'on obtient les formules usuelles de calcul de l'aire d'un polygone rĂ©gulier.
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En accolant au triangle rectangle gris un autre triangle isométrique suivant l'hypoténuse, on obtient un rectangle. |
Un triangle vu comme un demi-rectangle. |
Un polygone partagé en triangles. |
ThĂ©orĂšme â L'aire d'un disque de rayon R est Ă©gale Ă Ï Ă R 2.
La démonstration de ce résultat[11] repose sur un passage à la limite en partageant le disque en une infinité de triangles.
En considĂ©rant n points A1, A2, ... An rĂ©guliĂšrement espacĂ©s sur un cercle de centre O et de rayon R, on obtient un polygone rĂ©gulier Ă n cĂŽtĂ©s constituĂ© de n triangles isocĂšles OA1A2, OA2A3, etc. Tous ces triangles ont une hauteur Ă©gale Ă R et les bases associĂ©es, pour tous ces triangles, sont Ă©gales Ă la distance A1A2. L'aire de chaque triangle est donc 1â2R Ă A1A2 et celle du polygone rĂ©gulier A1A2...An est 1â2R Ă nA1A2. Lorsque le nombre n de points tend vers l'infini, le pĂ©rimĂštre du polygone tend Ă se confondre avec celui du cercle dans lequel il est inscrit, donc nA1A2 tend vers 2ÏR. Ainsi, 1â2R Ă nA1A2 tend vers 1â2R Ă 2ÏR ce qui donne bien le rĂ©sultat annoncĂ©.
Le plan étant muni d'un repÚre orthonormé, pour une fonction numérique f positive et continue, l'intégrale de Riemann de f sur un intervalle [a ; b] est l'aire du domaine défini[12] par :
Cette intégrale est notée
Cette aire peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e par des mĂ©thodes numĂ©riques en approchant l'aire sous la courbe par des surfaces usuelles : rectangles ou trapĂšzes notamment. Dans certains cas, un calcul de limite permet de dĂ©terminer la valeur exacte de l'intĂ©grale, par un raisonnement semblable Ă celui utilisĂ© ci-dessus pour le disque[13].
Un raisonnement mĂȘlant des considĂ©rations sur les aires et du calcul diffĂ©rentiel permet de prouver[14] que
oĂč F est une primitive de f sur [a ; b]. Ainsi, la connaissance de primitives d'une fonction permet d'Ă©largir l'ensemble des aires calculables par « dĂ©coupage » vues prĂ©cĂ©demment.
Ainsi les raisonnements sur les aires et le calcul différentiel se nourrissent et s'enrichissent mutuellement. Les calculs d'aire ont de ce fait un retentissement sur de nombreux domaines des mathématiques, par le biais des intégrales, notamment les probabilités ou les statistiques par le calcul de la valeur moyenne d'une fonction.
Si le calcul d'aires permet d'améliorer la connaissance de probabilités via les intégrales, la réciproque est également vraie. Soit une surface S, dont l'aire est connue, qui en contient une autre, L d'aire inconnue. La méthode de Monte-Carlo consiste à envoyer des points au hasard dans S. On dénombre alors le nombre total nS de points et le nombre nL qui se sont trouvés, par hasard, dans L. Il est alors probable que le rapport des aires de L et S soit proche du rapport de nL sur nS. La marge d'erreur sera statistiquement d'autant plus faible que le nombre de points nS sera grand.
Un problĂšme d'aire a traversĂ© les siĂšcles, depuis au moins Anaxagore[15] (Ve siĂšcle av. J.-C.) jusqu'Ă 1882, lorsque Ferdinand von Lindemann prouve que Ï est un nombre transcendant : celui de la quadrature du cercle qui consiste Ă construire, Ă la rĂšgle et au compas, un carrĂ© d'aire Ă©gale Ă celle d'un disque donnĂ©.
Le pĂ©rimĂštre est, avec l'aire, l'une des deux mesures principales des figures gĂ©omĂ©triques planes. Il est frĂ©quent de confondre ces deux notions[16] ou de croire que, plus l'une est grande, plus l'autre l'est aussi. En effet l'agrandissement (ou la rĂ©duction) d'une figure gĂ©omĂ©trique fait croĂźtre (ou dĂ©croĂźtre) simultanĂ©ment son aire et son pĂ©rimĂštre. Par exemple, si un terrain est reprĂ©sentĂ© sur une carte Ă l'Ă©chelle 1:10 000, le pĂ©rimĂštre rĂ©el du terrain peut ĂȘtre calculĂ© en multipliant le pĂ©rimĂštre de la reprĂ©sentation par 10 000 et l'aire en multipliant celle de la reprĂ©sentation par 10 0002. Il n'existe cependant aucun lien direct entre l'aire et le pĂ©rimĂštre d'une figure quelconque. Par exemple, un rectangle possĂ©dant une aire Ă©gale Ă un mĂštre carrĂ© peut avoir comme dimensions, en mĂštres : 0,5 et 2 (donc un pĂ©rimĂštre Ă©gal Ă 5 m) mais aussi 0,001 et 1000 (donc un pĂ©rimĂštre de plus de 2 000 m). Proclus (Ve siĂšcle) rapporte que des paysans grecs se sont partagĂ©s « Ă©quitablement » des champs suivant leurs pĂ©rimĂštres, mais avec des aires diffĂ©rentes[17],[18]. Or, la production d'un champ est proportionnelle Ă l'aire, non au pĂ©rimĂštre : certains paysans naĂŻfs ont pu obtenir des champs avec de longs pĂ©rimĂštres, mais une aire (et donc une rĂ©colte) mĂ©diocre.
L'isopérimétrie traite, en particulier, la question de trouver la surface la plus vaste possible, pour un périmÚtre donné. La réponse est intuitive, c'est le disque[19]. Ceci explique pourquoi, notamment, les yeux à la surface d'un bouillon ont une forme circulaire.
Ce problÚme, d'apparence anodin, fait appel à des théories sophistiquées pour obtenir une démonstration rigoureuse. On simplifie parfois le problÚme isopérimétrique en limitant les surfaces autorisées. Par exemple on cherche le quadrilatÚre ou le triangle d'aire la plus vaste possible, toujours pour un périmÚtre donné. Les solutions respectives sont le carré et le triangle équilatéral. De maniÚre générale, le polygone à n sommets ayant la plus grande surface, à périmÚtre donné, est celui qui se rapproche le plus du cercle, c'est le polygone régulier.
L'isopérimétrie ne se limite pas à ces questions. On recherche aussi une zone d'aire la plus vaste possible pour un périmÚtre donné, avec des géométries différentes. Par exemple, dans le cas d'un demi-plan, la réponse est le demi-disque.
Ce concept donne naissance à une famille de théorÚmes, dit isopérimétriques, à des majorations dites inégalités isopérimétriques, ainsi qu'à un rapport, appelé quotient isopérimétrique. L'inégalité isopérimétrique indique qu'une surface de périmÚtre p et d'aire a vérifie la majoration suivante :
Le terme de gauche, est appelé quotient isopérimétrique, il est égal à 1 si, et seulement si la surface est un disque.
Si l'origine de cette question date d'au moins 2 900 ans[20], ce n'est qu'en 1895, à l'aide de méthodes dérivées du théorÚme de Minkowski que la question est définitivement résolue sous sa forme antique[21]. Ces méthodes permettent de démontrer le théorÚme isopérimétrique et de le généraliser à des dimensions supérieures dans le cas d'une géométrie euclidienne.
Le problÚme d'isopérimétrie dans l'espace à trois dimensions consiste à chercher, le plus grand volume contenu dans une surface d'aire donnée. La réponse est la sphÚre, ce qui entraßne notamment la forme des bulles de savon.
Voir l'article isopérimétrie pour les aspects élémentaires de cette question. Des éléments de réponse, faisant usage d'outils mathématiques plus sophistiqués, sont proposés dans l'article ThéorÚme isopérimétrique.
Une surface minimale est une surface de l'espace à trois dimensions qui, sous certaines contraintes, minimise l'aire au voisinage de chacun de ses points. Cela signifie qu'une petite variation de cette surface rend l'aire plus grande[22]. Pour un ensemble donné de contraintes, il peut exister plusieurs surfaces minimales. Les surfaces minimales sont spontanément prises par un film de savon qui s'appuie sur un cadre[23] car de telles surfaces minimisent également les forces exercées sur le film. La recherche de telles surfaces est appelée en mathématiques problÚme de Plateau, elle nécessite des raisonnements de calcul différentiel[24].
A contrario, le problÚme d'obtenir, pour un volume donné, la figure avec la plus grande superficie possible se pose. Une solution mathématiquement simple existe : une surface sans épaisseur possÚde un volume nul. De telles formes se trouvent dans la nature : une feuille de plante verte est généralement trÚs peu épaisse mais large, afin d'exposer la plus grande surface possible au soleil, pour favoriser la photosynthÚse[25]. Mais une grande surface du limbe foliaire de la feuille favorise également la transpiration, les plantes devant lutter contre des périodes de sécheresse (pins, cactus...) ont ainsi souvent des feuilles plus épaisses afin de diminuer leur superficie et donc lutter contre le dessÚchement[26].
Une autre stratĂ©gie possible consiste Ă prendre une solide et Ă le percer d'un grand nombre de trous. Par exemple, l'Ă©ponge de Menger est construite Ă partir d'un cube qu'on partage trois tranches Ă©gales suivant chacune des trois dimensions. Cela donne vingt-sept cubes Ă©gaux, puis on enlĂšve les cubes centraux. On obtient alors un nouveau solide, de volume infĂ©rieur et d'aire supĂ©rieure au prĂ©cĂ©dent, constituĂ© de vingt cubes. Puis on reprend le mĂȘme procĂ©dĂ© pour chacun de ces vingt cubes, puis Ă nouveau pour les cubes ainsi obtenus, etc. En rĂ©pĂ©tant le procĂ©dĂ© indĂ©finiment, on obtient un objet fractal qui possĂšde une aire infinie et un volume Ă©gal Ă zĂ©ro, tout en ayant des dimensions (longueur, largeur, profondeur) Ă©gales Ă celles du cube de dĂ©part[27]. Des formes trĂšs dĂ©coupĂ©es comme l'Ă©ponge de Menger se trouvent dans la nature, lorsqu'il s'agit de favoriser les Ă©changes entre deux milieux : par exemple les poumons de mammifĂšres (afin de maximiser les Ă©changes gazeux dans un volume rĂ©duit)[27], les branchies, intestins...
La surface spécifique d'un matériau est sa superficie par unité de masse[28] : plus la surface spécifique est grande, plus l'objet peut échanger avec son environnement, plus il est poreux. La surface spécifique est notamment une caractéristique physique importante d'un sol, qui détermine sa capacité à retenir des éléments nutritifs et à les échanger avec des plantes[29],[30].
Selon HĂ©rodote, la gĂ©omĂ©trie dans l'Ăgypte antique prend son origine dans la nĂ©cessitĂ© de rĂ©partir Ă©quitablement les surfaces des champs cultivĂ©s aprĂšs les crues du Nil[31]. Les Ăgyptiens connaissaient les formules usuelles de calcul des aires des polygones et la majoritĂ© des problĂšmes de gĂ©omĂ©trie conservĂ©s de cette Ă©poque concernent des problĂšmes d'aires[32].
à Babylone, l'aire A était calculée à partir du périmÚtre P d'un cercle suivant une procédure équivalente à la formule[31] :
MĂȘme lorsqu'ils connaissaient le diamĂštre d'un cercle, les scribes passaient toujours par le calcul de son pĂ©rimĂštre (en multipliant le diamĂštre par 3) pour ensuite obtenir son aire. La procĂ©dure Ă©tait la suivante[33], comme dans cet exemple, extrait de la rĂ©solution d'un problĂšme oĂč il est demandĂ© de dĂ©terminer le volume d'une bĂ»che cylindrique dont le diamĂštre Ă©tait 1 + 2â3 :
MĂ©thode babylonienne â Triple 1 + 2â3, le dessus de la bĂ»che, et 5, la circonfĂ©rence de la bĂ»che, viendra. Prends le carrĂ© de 5 et 25 viendra. Multiplie 25 par 1â12, la constante, et 2 + 1â12, l'aire, viendra.
En Ăgypte[31],[32], le calcul s'effectuait Ă partir du diamĂštre D :
Le raisonnement consistait probablement à inscrire un octogone et un cercle dans un carré[31],[32]. La figure ci-contre illustre ce raisonnement : si le carré a pour cÎté le diamÚtre D du disque, l'octogone construit sur le tiers du cÎté du carré possÚde une aire de
L'aire du disque est considérée comme légÚrement supérieure à celle de l'octogone, soit
par un raisonnement sur des aires de carrés.
Al-Khawarizmi, dans son Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison, analyse et résout les équations du second degré par des considérations géométriques sur des aires de carrés, poursuivant en cela la tradition de l'algÚbre géométrique remontant à l'Antiquité.
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