Théorème de Stone-Weierstrass : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathématiques, le théorème de Stone-Weierstrass est une généralisation du théorème d'approximation de Weierstrass en analyse réelle, selon lequel toute fonction continue définie sur un segment peut être approchée uniformément par des fonctions polynômes.
La généralisation par Marshall Stone (en) étend ce résultat aux fonctions continues définies sur un espace compact et à valeurs réelles, en remplaçant l'algèbre des polynômes par une algèbre de fonctions qui sépare les points et contient au moins une fonction constante non nulle. Sa démonstration présentait en outre l'intérêt de simplifier celle du théorème initial.
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Supposons que f soit une fonction continue définie sur l'intervalle [a,b] à valeurs réelles. Pour tout ε>0, il existe une fonction polynôme p à coefficients réels telle que |f(x) - p(x)| < ε pour tout x dans [a,b].
Cette propriété peut également s'exprimer sous la forme suivante : si f est une fonction continue sur [a,b], il existe une suite (Pn) de polynômes convergeant uniformément vers f sur [a,b]. Ci-dessous par exemple, la suite de polynômes converge vers la valeur absolue sur l'intervalle [-1,1].
En se ramenant par changement de variables à l'intervalle [0,1], Bernstein en a donné une démonstration[1] constructive en prouvant qu'on pouvait prendre :
où les sont les polynômes de Bernstein.
L'ensemble C([a,b]) des fonctions à valeurs réelles et continues sur [a,b], muni de la norme infinie , est une algèbre de Banach (i.e. une algèbre associative sur R et un espace de Banach telle que ||f g|| ≤ ||f|| ||g|| pour tout f et g). L'ensemble des fonctions polynomiales forme une sous-algèbre de C([a,b]) et le théorème d'approximation de Weierstrass affirme que cette sous-algèbre est dense dans C([a,b]).
Pour toute fonction f continue T-périodique, il existe une suite (Tn) de polynômes trigonométriques qui convergent uniformément vers f.
Issu de la théorie des séries de Fourier, le théorème de Fejér donne un exemple constructif d'une telle suite.
Si X est une variable aléatoire suivant la loi binomiale de paramètres (n,x), alors Pn(x) est l'espérance de f(X / n), c'est-à -dire la moyenne de f appliquée au nombre de succès de n expériences indépendantes de probabilité x. La convergence ponctuelle de Pn(x) vers f(x) pour tout x est une conséquence de la loi faible des grands nombres. En majorant la probabilité de l'écart entre X / n et x, on en déduit la convergence uniforme de Pn vers f.
Le théorème d'approximation se généralise dans deux directions :
Dans ce cadre, le théorème s'écrit formellement :
Puisque les polynômes sur [a,b] forment une sous-algèbre de C([a,b]) qui sépare les points, le théorème de Weierstrass est une conséquence du résultat précédent.
Le corps des nombres réels peut être remplacé par celui des complexes à condition de supposer que A est auto-adjoint, soit .
Le théorème de Stone-Weierstrass permet de démontrer les trois propositions suivantes :
alors f est identiquement nulle.
Certains résultats valables pour des fonctions continues peuvent être ramenés au cas de fonctions indéfiniment dérivables en utilisant le théorème de Stone-Weierstrass. C'est ainsi qu'on obtient une démonstration du théorème du point fixe de Brouwer en utilisant le théorème de Stokes.
Soit X un espace de Hausdorff compact. Un sous-ensemble L de C(X) est appelé un treillis de C(X) si pour deux éléments quelconques f, g de L, les fonctions max(f,g) et min(f,g) appartiennent aussi à L. La version treillis du théorème de Stone-Weierstrass affirme que :
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